
Chapitre 1
Ce chapitre est le début d’un raisonnement de l’apôtre Paul, qui se développe et se termine à la fin du chapitre 4. Le problème, au sein de la congrégation de Corinthe, était que certains chrétiens avaient tendance à marquer leur appartenance à des personnes importantes au sein de la congrégation chrétienne, plutôt qu’à Christ. Il est même possible que d’autres chrétiens eussent tendance à faire étalage de leur sagesse philosophique (la sagesse des hommes) pour se glorifier. Cette situation était une source de division:
« Paul, appelé à être apôtre de Jésus Christ par la volonté de Dieu, et Sosthène notre frère 2 à la congrégation de Dieu qui est à Corinthe, à vous qui avez été sanctifiés en union avec Christ Jésus, appelés à être saints, avec tous ceux qui, partout, invoquent le nom de notre Seigneur, Jésus Christ, leur Seigneur et le nôtre :
3 À vous faveur imméritée et paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.
4 Je remercie toujours Dieu pour vous à cause de la faveur imméritée de Dieu qui vous a été donnée en Christ Jésus ; 5 de ce qu’en tout vous avez été enrichis en lui, par une pleine capacité de parler et par une pleine connaissance, 6 tout comme le témoignage concernant le Christ s’est affermi chez vous, 7 si bien que vous ne manquez d’aucun don, pendant que vous attendez avec impatience la révélation de notre Seigneur Jésus Christ. 8 Il vous affermira aussi jusqu’à la fin, pour que vous ne donniez prise à aucune accusation au jour de notre Seigneur Jésus Christ. 9 Dieu est fidèle, par qui vous avez été appelés à avoir part avec son Fils Jésus Christ notre Seigneur.
10 Or je vous exhorte, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus Christ, à avoir tous même langage, et qu’il n’y ait pas de divisions parmi vous, mais que vous soyez bien unis dans la même pensée et dans la même opinion. 11 Car il m’a été signalé à votre sujet, mes frères, par ceux de [la maison de] Chloé, qu’il existe des dissensions parmi vous. 12 Voici ce que je veux dire : chacun de vous dit : “ Moi, j’appartiens à Paul ”, “ Mais moi, à Apollos ”, “ Mais moi, à Céphas ”, “ Mais moi, à Christ. ” 13 Le Christ se trouve divisé. Paul n’a pas été attaché pour vous sur un poteau, n’est-ce pas ? Ou avez-vous été baptisés au nom de Paul ? 14 Je suis reconnaissant de n’avoir baptisé aucun de vous, excepté Crispus et Gaïus, 15 pour que personne ne puisse dire que vous avez été baptisés en mon nom. 16 Si ! J’ai baptisé encore la maisonnée de Stéphanas. Pour le reste, je ne sais pas si j’ai baptisé quelqu’un d’autre. 17 Car Christ m’a envoyé, non pour baptiser, mais pour annoncer la bonne nouvelle, non pas avec la sagesse du langage, pour que le poteau de supplice du Christ ne soit pas rendu inutile » (versets 1-17).
Il est courant de constater qu’actuellement, au sein des congrégations chrétiennes, certains chrétiens ont tendance à aduler des bergers, des pasteurs ou des orateurs pour leur charisme et leur éloquence, comme c’était le cas des chrétiens de cette congrégation envers l’apôtre Paul, Apollos et Céphas (l’apôtre Pierre). Ce n’est pas la bonne façon de penser, car cela peut créer des divisions sur la base de personnes ou de courants de pensée prônés par ces mêmes personnes. Ceux qui adulent des personnes en vue le font peut-être pour se mettre en avant ou se donner de l’importance devant leurs frères et sœurs dans la foi. Cependant, l’apôtre Paul montre qu’aucun chrétien n’est en situation de se glorifier de sa propre situation spirituelle, car pour le monde, le message qu’ils prêchent n’est que sottise:
« En effet, le langage du poteau de supplice est une sottise pour ceux qui périssent, mais pour nous qui sommes en train d’être sauvés, il est la puissance de Dieu. 19 Car il est écrit : “ Je ferai périr la sagesse des sages, et l’intelligence des intellectuels, je la pousserai de côté. ” 20 Où est le sage ? Où est le scribe ? Où est le discuteur de ce système de choses ? Dieu n’a-t-il pas rendu sotte la sagesse du monde ? 21 Puisqu’en effet, dans la sagesse de Dieu, le monde, par le moyen de sa sagesse, n’est pas parvenu à connaître Dieu, il a paru bon à Dieu, par la sottise de ce qu’on prêche, de sauver ceux qui croient.
22 Car les Juifs demandent des signes et les Grecs cherchent la sagesse ; 23 mais nous, nous prêchons Christ attaché sur un poteau, pour les Juifs occasion de trébucher, mais pour les nations sottise ; 24 cependant, pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs, Christ la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu. 25 Parce qu’une chose sotte de Dieu est plus sage que les hommes, et qu’une chose faible de Dieu est plus forte que les hommes » (versets 18-25).
Comme de nos jours, dans le passé, la sagesse de ce monde était beaucoup plus valorisée que la sagesse de Dieu, que l’on trouve en dépôt dans la Bible, la Parole de Dieu. L’apôtre Paul a écrit que Dieu a rendu sotte la sagesse de ce monde, parce qu’il n’a pas permis aux intellectuels de parvenir à l’essence même de cette sagesse qui permet de mieux appréhender le divin. Que ce soit la sagesse des Juifs ou celle des Grecs, elle n’était que stérile, parce qu’elle ne leur permettait pas de mieux connaître Dieu.
Par conséquent, il n’est pas approprié de se donner de l’importance sur la base d’une appartenance à un réseau de personnes que l’on considère comme importantes (autre que le Christ), mais aussi sur la base d’une instruction fondée strictement sur la sagesse humaine, parce qu’elle n’est que sottise (ou stérile) aux yeux de Dieu: « Une chose sotte de Dieu est plus sage que les hommes, et qu’une chose faible de Dieu est plus forte que les hommes » (verset 25).
Qu’est-ce qui pourrait être une chose sotte ou une chose faible de Dieu ? Paul répond, dans le contexte de cette question: c’est le langage du poteau de supplice, à savoir que, par la mort d’un seul homme, Jésus-Christ, Dieu ait pu sauver le monde (Jean 3:16,36). Quoique exacte, une telle pensée choquait les Juifs et elle était considérée comme stupide par les nations. Dieu ferait-il un effort supplémentaire pour rendre son message du poteau de supplice plus attrayant intellectuellement, pour attirer à lui ces personnes qui méprisent sa sagesse ? Non, parce que voici ce qui est écrit: « Il a paru bon à Dieu, par la sottise de ce qu’on prêche, de sauver ceux qui croient » (verset 21).
Dit en passant, nous trouvons une idée similaire exprimée par Jésus-Christ, antérieure à celle écrite par l’apôtre Paul: « En ce temps-là, Jésus dit alors : “ Je te loue publiquement, Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux sages et aux intellectuels, et que tu les as révélées aux tout-petits » » (Matthieu 11:25).
Pour revenir aux chrétiens corinthiens qui avaient une tendance à l’orgueil, en se mettant en valeur en parlant de leurs relations avec des personnes importantes dans la congrégation, et, en même temps, en faisant peut-être étalage de leurs instructions philosophiques, Dieu ne leur donnait aucun moyen de se glorifier, si ce n’est celui de proclamer le message du poteau de supplice, qui était méprisé par les Juifs et les Grecs (les gens des nations).
Dans la suite de ce qu’il écrit, Paul rappelle que c’est Dieu qui choisit ses serviteurs, et que bien souvent ces personnes ne font pas partie de classes sociales importantes ; de cette façon, elles n’ont aucune raison de se glorifier:
« Car vous voyez votre appel, frères : qu’il n’y a pas beaucoup de sages selon la chair qui ont été appelés, pas beaucoup de puissants, pas beaucoup de gens de haute naissance ; 27 mais Dieu a choisi les choses sottes du monde pour faire honte aux sages ; et Dieu a choisi les choses faibles du monde pour faire honte aux fortes ; 28 et Dieu a choisi les choses sans distinction du monde et celles qu’on méprise, celles qui ne sont pas, pour réduire à rien celles qui sont, 29 afin que nulle chair ne se glorifie en présence de Dieu. 30 Mais c’est grâce à lui que vous êtes en union avec Christ Jésus, qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, et aussi justice, sanctification et libération par rançon ; 31 afin qu’il en soit comme c’est écrit : “Celui qui se glorifie, qu’il se glorifie en Jéhovah” » (versets 26-31).
Pourquoi Dieu choisit-il généralement des personnes méprisées dans ce système de choses, en raison, par exemple, de leur classe sociale inférieure ? Il y a deux raisons majeures: la première est pour faire honte aux personnes qui se croient importantes: « Dieu a choisi les choses faibles du monde pour faire honte aux fortes » (verset 27). La deuxième raison est que la personne sans importance qui a été choisie par Dieu n’a aucun moyen de se glorifier de sa situation parce qu’elle est insignifiante (pour ses contemporains), de sorte qu’il lui est impossible de se glorifier en présence de Dieu: « Que nulle chair ne se glorifie en présence de Dieu » (verset 29). De cette façon, Dieu neutralise à la fois la vantardise de celui qui méprise et la tendance à vouloir se glorifier de celui qui est méprisé.
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Chapitre 2:
Toujours dans ce registre de la tendance qu’avaient certains chrétiens de la congrégation de Corinthe à aduler des personnalités en vue, l’apôtre Paul explique qu’à aucun moment il n’a induit une telle situation (comme pourraient le faire certains enseignants ou pasteurs éloquents dans des congrégations chrétiennes):
« Moi donc, quand je suis venu chez vous, frères, je ne suis pas venu avec outrance de langage ou de sagesse vous annoncer le saint secret de Dieu. 2 Car j’ai décidé de ne rien savoir parmi vous sinon Jésus Christ, et lui attaché sur un poteau. 3 Et je suis venu chez vous dans la faiblesse et dans la crainte, et en tremblant beaucoup ; 4 et mon langage et ce que j’ai prêché n’ont pas consisté dans des paroles persuasives de sagesse, mais dans une démonstration d’esprit et de puissance, 5 pour que votre foi soit, non pas dans la sagesse des hommes, mais dans la puissance de Dieu » (versets 1-5).
Bien au contraire, alors qu’il avait la puissance de la sagesse de Dieu, à aucun moment il n’a cherché à l’imposer par de l’éloquence, en faisant étalage de sa culture ou par le moyen d’une quelconque persuasion. Il est resté modeste dans sa manière d’enseigner la bonne nouvelle:
« Or nous parlons de sagesse parmi ceux qui sont mûrs, mais non de la sagesse de ce système de choses, ni de celle des chefs de ce système de choses, qui doivent être réduits à rien. 7 Mais nous parlons de la sagesse de Dieu en un saint secret, la sagesse cachée, que Dieu, avant les systèmes de choses, a d’avance destinée pour notre gloire. 8 Cette [sagesse], pas un seul des chefs de ce système de choses n’est parvenu à la connaître, car s’ils l’avaient connue, ils n’auraient pas attaché sur un poteau le Seigneur glorieux. 9 Mais comme c’est écrit : “ L’œil ne les a pas vues, et l’oreille ne les a pas entendues, et elles n’ont pas été conçues dans le cœur de l’homme, les choses que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment. ” 10 Car c’est à nous que Dieu les a révélées grâce à son esprit, car l’esprit scrute toutes choses, même les choses profondes de Dieu » (versets 6-10).
Quand bien même Paul était un érudit, la sagesse qu’il enseignait n’était pas celle des hommes, mais bien celle de Dieu, par le moyen de la sagesse du Christ. La sagesse de Dieu, que le monde n’est pas parvenu à comprendre, était un saint secret que seuls ceux que Dieu a choisis sont parvenus à comprendre: « Car c’est à nous que Dieu les a révélées grâce à son esprit, car l’esprit scrute toutes choses, même les choses profondes de Dieu » (verset 10). Cela est un véritable honneur de la part de Dieu. C’est l’esprit saint de Dieu qui nous permet de comprendre le saint secret:
« Car qui parmi les hommes connaît les choses d’un homme, sinon l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même aussi, personne n’est parvenu à connaître les choses de Dieu, sinon l’esprit de Dieu. 12 Or nous avons reçu, nous, non pas l’esprit du monde, mais l’esprit qui vient de Dieu, afin de pouvoir connaître les choses que Dieu nous a données volontiers. 13 Ces choses, nous en parlons aussi, non pas avec des paroles qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec celles qu’enseigne [l’]esprit, en combinant des [questions] spirituelles avec des [paroles] spirituelles » (versets 11-13).
Pour comprendre la pensée de Dieu, nous devons être un homme spirituel, qui est le contraire de l’homme physique qui ne parvient pas à comprendre les pensées de Dieu:
« Mais l’homme physique ne reçoit pas les choses de l’esprit de Dieu, car elles sont une sottise pour lui ; et il ne peut pas parvenir à [les] connaître, parce que c’est spirituellement qu’on les examine. 15 Cependant, l’homme spirituel examine réellement toutes choses, mais lui-même n’est examiné par personne. 16 Car “qui est parvenu à connaître la pensée de Jéhovah, pour l’instruire ” ? Mais nous, nous avons la pensée de Christ » (versets 14-16).
La pensée du Christ, exposée dans le récit des évangiles, des lettres des apôtres, mais aussi du livre prophétique de l’Apocalypse, nous permet de comprendre la pensée de Dieu. La pensée de Dieu directement exposée dans l’Ancien Testament, la Loi, les Psaumes et les Prophètes, est expliquée dans le Nouveau Testament, où est écrit la pensée du Christ qui explique la pensée de Dieu.
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Chapitre 3:
Pour comprendre pleinement ce qu’écrit l’apôtre Paul, il faut lire le chapitre 1, où il reproche à certains chrétiens de Corinthe de créer des divisions en s’attachant à des hommes en vue, plutôt qu’à Christ. Il dénonce ces comportements comme étant puériles et enfantins. Ce faisant, il se voit obligé de s’adresser à eux comme à des enfants complètement immatures, pour leur faire comprendre qu’un tel comportement n’est pas correct:
« Moi donc, frères, je n’ai pas pu vous parler comme à des hommes spirituels, mais comme à des hommes charnels, comme à des tout-petits en Christ. 2 Je vous ai donné du lait à boire, non quelque chose à manger, car vous n’étiez pas encore assez forts. Et même à présent vous n’êtes pas assez forts, 3 car vous êtes encore charnels. En effet, du moment qu’il y a parmi vous jalousie et querelle, n’êtes-vous pas charnels et ne marchez-vous pas comme les hommes ? 4 Car quand l’un dit : “ Moi, j’appartiens à Paul ”, mais un autre : “ Moi, à Apollos ”, n’êtes-vous pas tout simplement des hommes ?
5 Qu’est-ce donc qu’Apollos ? Oui, qu’est-ce que Paul ? Des ministres grâce auxquels vous êtes devenus croyants, comme le Seigneur a accordé à chacun. 6 J’ai planté, Apollos a arrosé, mais Dieu faisait croître ;7 si bien que ni celui qui plante n’est quelque chose ni celui qui arrose, mais Dieu qui fait croître. 8 Or celui qui plante et celui qui arrose sont un, mais chacun recevra sa propre récompense selon son propre labeur. 9 Car nous sommes les compagnons de travail de Dieu. Vous êtes le champ en culture de Dieu, la construction de Dieu » (versets 1-9).
« J’ai planté, Apollos a arrosé, mais Dieu faisait croître » (verset 6): l’apôtre Paul ne minimise pas par fausse modestie, le bon travail qu’il a fait, ainsi qu’Apollos. Cependant, en expliquant que c’est Dieu qui finalement fait croître, il se présente comme un compagnon de travail de Dieu, comme cela devrait l’être pour chaque disciple du Christ: « Car nous sommes les compagnons de travail de Dieu. Vous êtes le champ en culture de Dieu, la construction de Dieu » (verset 9).
Ensuite, il compare la formation d’un disciple du Christ à une construction:
« Selon la faveur imméritée de Dieu qui m’a été donnée, comme un sage conducteur de travaux j’ai posé un fondement, mais quelqu’un d’autre bâtit dessus. Mais que chacun prenne toujours garde à la manière dont il bâtit dessus. 11 Car aucun homme ne peut poser d’autre fondement que celui qui est posé, [et] qui est Jésus Christ. 12 Or si quelqu’un bâtit sur ce fondement de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, du chaume, 13 l’œuvre de chacun deviendra manifeste, car le jour la montrera, parce qu’il sera révélé par le moyen du feu ; et ce feu même éprouvera de quelle sorte est l’œuvre de chacun. 14 Si l’œuvre de quelqu’un, qu’il a bâtie dessus, demeure, il recevra une récompense ; 15 si l’œuvre de quelqu’un est brûlée, il subira une perte, mais lui, il sera sauvé ; cependant, s’il en est ainsi, [ce sera] comme à travers le feu » (versets 10-15).
Dans cette métaphore de la construction, Paul est le sage conducteur de travaux, établi par le Christ. Le fondement de la construction est Jésus-Christ et la construction est le disciple du Christ. Le processus de construction est la formation du disciple qui peut durer un certain temps. Paul évoque des matériaux de construction comme l’or, l’argent et les pierres précieuses, ininflammables et d’autres matériaux moins nobles, comme le bois, le foin et le chaume qui sont hautement inflammables. Les matériaux précieux sont des enseignements spirituels basés sur la pensée du Christ, qui permettront au disciple du Christ de résister devant le feu des épreuves. Les matériaux comme le foin, le chaume et le bois, représenteraient une formation d’un disciple du Christ basée sur une sagesse toute humaine, qui ne permet pas au disciple du Christ de résister au feu de l’épreuve. Ce contraste entre ces deux genres de matériaux de construction qui représentent, deux formes de pensée, celle de Dieu et celle des hommes est présenté dans le chapitre 2.
Ensuite, l’apôtre Paul montre que l’habilité du constructeur se verra sur la qualité de la construction face au feu. Si elle résiste, c’est que le constructeur aura démontré sa compétence. Si elle ne résiste pas, cela aura démontré que la formation du disciple aura été mauvaise. L’apôtre Paul écrit que bien que le constructeur ait une certaine part de responsabilité, il ne sera pas tenu pour pleinement responsable de la catastrophe: « Si l’œuvre de quelqu’un est brûlée, il subira une perte, mais lui, il sera sauvé ; cependant, s’il en est ainsi, [ce sera] comme à travers le feu » (verset 15).
Dans la suite de son argumentation, l’apôtre Paul reste sur la métaphore comme quoi le disciple du Christ est une construction, voire même un temple où habite l’esprit saint:
« Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’esprit de Dieu habite en vous ? 17 Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est saint, [et ce temple,] c’est ce que vous êtes » (versets 16,17).
En conclusion de l’idée selon laquelle aucun chrétien ne devrait se donner de l’importance en disant qu’il appartient à un enseignant, ou un pasteur de haut rang, dans la congrégation, il encourage à cultiver l’humilité et la modestie, en comprenant que nous appartenons tous à Christ:
« Que personne ne se séduise lui-même : si quelqu’un parmi vous pense être sage dans ce système de choses, qu’il devienne sot pour devenir sage. 19 Car la sagesse de ce monde est sottise auprès de Dieu ; en effet, il est écrit : “ Il attrape les sages dans leur propre ruse. ” 20 Et encore : “ Jéhovah sait que les raisonnements des sages sont futiles. ” 21 Que personne donc ne se glorifie dans les hommes ; car toutes choses vous appartiennent : 22 que ce soit Paul ou Apollos ou Céphas ou le monde, que ce soit la vie ou la mort, que ce soient les choses présentes ou les choses à venir, toutes choses vous appartiennent ; 23 vous, de votre côté, vous appartenez à Christ ; Christ, de son côté, appartient à Dieu » (versets 18-23).
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Chapitre 4:
Ce chapitre (4), est une conclusion de toute l’argumentation développée, des trois chapitres précédents (pour une meilleure compréhension, il est préférable, si ce n’est déjà pas fait, de les lire avant de passer à la lecture du chapitre 4).
Comme on peut le lire, aux chapitres 1 et 3, certains chrétiens de Corinthe avaient tendance à aduler l’apôtre Paul, l’apôtre Pierre et Apollos, cependant, il insiste sur le fait qu’il n’est qu’un subordonné, un serviteur ou un auxiliaire du Christ:
« Que l’homme nous estime donc comme des subordonnés de Christ et des intendants de saints secrets de Dieu. 2 Du reste, dans ce cas, ce qu’on cherche chez les intendants, c’est qu’un homme soit trouvé fidèle. 3 Or, pour moi, c’est chose de très peu d’importance que je sois examiné par vous ou par un tribunal humain. Je ne m’examine pas non plus moi-même. 4 Car je n’ai conscience de rien [qui témoigne] contre moi. Pourtant par là je ne me révèle pas juste, mais celui qui m’examine, c’est Jéhovah. 5 Aussi, ne jugez rien avant le temps, jusqu’à ce que vienne le Seigneur qui mettra en lumière les choses secrètes des ténèbres et manifestera les conseils des cœurs, et alors, pour chacun, la louange viendra de Dieu » (versets 1-5).
Paul écrit qu’il effectue son ministère chrétien avec une conscience nette devant Dieu et son Fils Jésus-Christ, et que si certains voudraient le juger, qu’ils ne le fassent pas avant le temps fixé par le Roi Jésus-Christ pour le jugement final (verset 5). Ensuite, il encourage les chrétiens à s’en tenir à ce que l’apôtre Paul a écrit concernant la situation décrite dans les trois chapitres précédents:
« Or, frères, ces choses, je les ai présentées sous une autre forme, de manière à ce qu’elles s’appliquent à moi et à Apollos pour votre bien, pour que, dans notre cas, vous appreniez cette [règle] : “ N’allez pas au-delà de ce qui est écrit ”, afin que, individuellement, vous ne vous gonfliez pas [d’orgueil] en faveur de l’un contre l’autre. 7 Car qui te rend différent d’un autre ? Oui, qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Si donc tu [l’]as vraiment reçu, pourquoi te glorifies-tu comme si tu ne [l’]avais pas reçu ? » (versets 6,7).
Quand il écrit de ne pas aller au-delà de ce qui est écrit, il semble faire allusion aux instructions qu’il donne dans cette lettre, et peut-être dans d’autres. Bien entendu, cette formule spirituelle peut trouver son application sur l’ensemble de la Bible (verset 6). Dans ce qui suit du chapitre, c’est une conclusion finale de l’ensemble des arguments développés des chapitres 1 à 3, qui encourage les chrétiens de Corinthe à abandonner une attitude orgueilleuse, pour cultiver l’humilité et la modestie:
« Déjà vous êtes rassasiés, n’est-ce pas ? Déjà vous êtes riches, n’est-ce pas ? Vous avez commencé à régner sans nous, n’est-ce pas ? Oui, je voudrais que vous ayez commencé à régner, pour que nous aussi nous puissions régner avec vous. 9 Car il me semble que Dieu nous a exhibés les derniers, nous les apôtres, comme des hommes voués à la mort, parce que nous sommes devenus un spectacle pour le monde, et pour les anges, et pour les hommes. 10 Nous sommes sots à cause de Christ, mais vous êtes avisés en Christ ; nous sommes faibles, mais vous êtes forts ; vous avez bonne réputation, mais nous sommes dans le déshonneur. 11 Jusqu’à cette heure même, nous continuons d’avoir faim et aussi d’avoir soif, nous continuons d’être à peine vêtus, et d’être maltraités, et d’être sans foyer, 12 et nous peinons en travaillant de nos propres mains. Quand on nous insulte, nous bénissons ; quand on nous persécute, nous supportons ; 13 quand on nous diffame, nous supplions ; nous sommes devenus comme les ordures du monde, le rebut de toutes choses, jusqu’à maintenant.
14 J’écris ces choses, non pas pour vous faire honte, mais pour vous avertir comme mes enfants bien-aimés. 15 Car même si vous aviez dix mille précepteurs en Christ, [vous] n’[avez] certainement pas beaucoup de pères ; car en Christ Jésus, moi je suis devenu votre père par le moyen de la bonne nouvelle. 16 Je vous supplie donc, devenez mes imitateurs. 17 C’est pourquoi je vous envoie Timothée, car il est mon enfant bien-aimé et fidèle dans [le] Seigneur ; et il vous rappellera mes méthodes pour ce qui est de Christ Jésus, comme je [les] enseigne partout dans chaque congrégation.
18 Certains se sont gonflés [d’orgueil], comme si en réalité je ne venais pas chez vous. 19 Mais je viendrai bientôt chez vous, si Jéhovah le veut, et je pourrai connaître, non pas les paroles de ceux qui se sont gonflés [d’orgueil], mais [leur] puissance. 20 Car le royaume de Dieu ne [consiste] pas en paroles, mais en puissance. 21 Que voulez-vous ? Que je vienne chez vous avec un bâton, ou bien avec amour et douceur d’esprit ? » (versets 8-21).
Les versets 9 et 10 résument très bien la situation ambivalente du chrétien, à savoir qu’il est méprisé par le monde, mais valorisé par Dieu et son Fils Jésus-Christ et que s’il devait se glorifier, c’est justement d’être dans cette situation permise, voir provoquée par Dieu: « Car il me semble que Dieu nous a exhibés les derniers, nous les apôtres, comme des hommes voués à la mort, parce que nous sommes devenus un spectacle pour le monde, et pour les anges, et pour les hommes. Nous sommes sots à cause de Christ, mais vous êtes avisés en Christ ; nous sommes faibles, mais vous êtes forts ; vous avez bonne réputation, mais nous sommes dans le déshonneur » (versets 9,10). En s’incluant en tant qu’apôtres, il démontre aux chrétiens de Corinthe qu’ils n’ont absolument aucune raison de les aduler.
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Chapitre 5:
Dans ce chapitre, l’apôtre Paul aborde un sujet grave en lien avec l’immoralité sexuelle, un cas toléré de relation incestueuse au sein même de la congrégation de Corinthe:
« Oui, on entend parler de fornication chez vous, et d’une fornication telle qu’il n’y en a pas même chez les nations : [ainsi,] un certain [homme] a la femme de [son] père. 2 Et vous gonflez-vous [d’orgueil] ? Et n’avez-vous pas été plutôt dans le deuil, afin que l’homme qui a commis cette action soit enlevé du milieu de vous ? 3 Pour moi, même si je suis absent de corps, mais présent d’esprit, bien sûr j’ai déjà jugé, comme si j’étais présent, l’homme qui a agi de cette façon, 4 pour qu’au nom de notre Seigneur Jésus, lorsque vous vous trouverez rassemblés, ainsi que mon esprit avec la puissance de notre Seigneur Jésus, 5 vous livriez un tel homme à Satan pour la destruction de la chair, afin que l’esprit soit sauvé au jour du Seigneur » (versets 1-5).
Le mot traduit en français « fornication », vient du mot grec « porneia » (πορνεία) (Strong Concordance G4202). C’est un terme général qui englobe un ensemble de pratiques sexuelles immorales, comme l’adultère, l’homosexualité masculine et féminine, l’inceste (Lévitique chapitre 18 dresse la liste des relations sexuelles considérées comme incestueuses), la pédophilie et la bestialité. Le mot peut avoir un sens métaphorique en lien avec des pratiques religieuses idolâtriques. Concernant cet homme mentionné par l’apôtre Paul, il aurait épousé la femme de son père (normalement décédé, car il ne mentionne pas son père comme étant impliqué par complicité dans cet inceste) (verset 1).
L’apôtre Paul reproche aux anciens (administrateurs) de la congrégation de ne pas avoir renvoyé ou enlevé un tel individu de la congrégation. Pour appuyer cette idée de renvoyer tout individu qui commet de telles pratiques immorales, il va utiliser la métaphore du levain qui est normalement dans le pain:
« Il n’est pas beau, votre [motif de] vous glorifier. Ne savez-vous pas qu’un peu de levain fait fermenter toute la masse ? 7 Enlevez le vieux levain, pour que vous soyez une masse nouvelle, dans la mesure où vous êtes exempts de ferment. En effet Christ notre Pâque a été sacrifié. 8 Célébrons donc la fête, non avec du vieux levain, ni avec du levain de méchanceté et de perversité, mais avec des gâteaux sans levain de sincérité et de vérité » (versets 6-8).
Le levain en question est l’image métaphorique du péché. Le pain avec le levain représente un être humain pécheur. Jésus-Christ symbolise avec son corps sans péché sacrifié, le pain sans levain consommé dans le passé durant la Pâque Juive (verset 7). Le vieux levain représente la conduite pécheresse, que les disciples du Christ ne pratiquent plus. Et la conduite scandaleuse de cet homme représente du vieux levain de méchanceté et de perversité que les corinthiens doivent enlever. La métaphore du levain représentant la corruption spirituelle a été utilisée également par Jésus-Christ: « Jésus leur dit : “ Ouvrez l’œil et méfiez-vous du levain des Pharisiens et des Sadducéens. ” (…) Alors ils comprirent qu’il avait dit de se méfier, non pas du levain des pains, mais de l’enseignement des Pharisiens et des Sadducéens » (Matthieu 16:6-12). C’est alors qu’il va leur intimer l’ordre de renvoyer immédiatement cet homme de la congrégation:
« Dans ma lettre je vous ai écrit de cesser de fréquenter les fornicateurs ; 10 [je] ne [voulais] pas [dire par là,] d’une façon absolue, les fornicateurs de ce monde ou les gens avides et les extorqueurs, ou les idolâtres. Autrement, il vous faudrait vraiment sortir du monde. 11 Mais maintenant je vous écris de cesser de fréquenter celui qui, appelé frère, est un fornicateur, ou un homme avide, ou un idolâtre, ou un insulteur, ou un ivrogne, ou un extorqueur, et de ne pas même manger avec un tel homme. 12 Qu’ai-je à faire en effet de juger ceux du dehors ? Ne jugez-vous pas, vous, ceux du dedans, 13 tandis que Dieu juge ceux du dehors ? “ Ôtez le méchant du milieu de vous” » (versets 9-13).
« Ôtez le méchant du milieu de vous » (verset 13): il convient de s’arrêter sur cette instruction de l’apôtre Paul qui n’est ni plus ni moins qu’une excommunication ou exclusion de la congrégation. Il est nécessaire de mettre en contexte cette recommandation afin de comprendre comment elle devait être appliquée à son époque. Tout d’abord, il ne recommande pas la formation d’un sanhédrin chrétien (ou d’un comité judiciaire) pour juger cet homme avant de l’exclure. L’homme est jugé sur le fait qu’il a commis, au su de toute la congrégation, et tout simplement les anciens ou administrateurs de la congrégation lui notifient son exclusion ou excommunication. Comment prenait-elle forme concrètement ?
À l’époque, les congrégations se réunissaient dans des maisons privées ou des foyers ; ainsi, les lieux n’étaient pas publics comme le seraient une église ou un temple protestant actuel. D’une certaine façon, les réunions chrétiennes de l’époque avaient la forme d’une invitation à un repas d’ordre spirituel dans un lieu privé. Les chrétiens de la congrégation étaient invités mais aussi, probablement, d’autres personnes non croyantes. Cependant, comme il s’agissait d’un lieu privé, les anciens étaient légalement en droit d’empêcher une personne d’entrer dans ce lieu privé pour assister à la réunion de la congrégation.
Cette situation semble décrite par l’apôtre Jean dans sa troisième lettre, dans un cas d’abus de pouvoir de la part d’un certain Diotréphès, un membre de la congrégation chrétienne qui se comportait comme un dictateur en expulsant arbitrairement certains chrétiens fidèles et en les empêchant d’accéder au lieu de la réunion de la congrégation: « J’ai écrit quelque chose à la congrégation, mais Diotréphès, qui aime occuper la première place parmi eux, ne reçoit rien de notre part avec respect. Voilà pourquoi, si je viens, je rappellerai ses œuvres qu’il continue à faire, comment il se répand à notre sujet en paroles méchantes. Et non content de cela, lui-même ne reçoit pas les frères avec respect, et ceux qui veulent les recevoir, il cherche à les en empêcher et à les expulser de la congrégation » (3 Jean 9,10).
Par contre, au verset 8 de la même lettre, l’apôtre Jean recommande d’accueillir certains chrétiens fidèles: « Nous sommes donc tenus d’accueillir de tels hommes avec hospitalité, afin que nous devenions des compagnons de travail dans la vérité ». L’accueil avec hospitalité pourrait bien faire allusion au lieu privé des réunions chrétiennes.
Par conséquent, dans le cas de cet homme qui faisait partie de la congrégation de Corinthe, son exclusion ou excommunication, s’appliquait probablement en ne l’autorisant pas à assister, dans un lieu privé, à une réunion chrétienne, et encore moins à partager un repas (voir fin du verset 11), comme cela pouvait être le cas parfois, avant ou après la réunion (Actes 20:7).
Finalement, concernant cet homme exclu de la congrégation de Corinthe, dans la deuxième lettre de l’apôtre Paul aux Corinthiens, nous lisons qu’il a été réintégré après s’être repenti et avoir régularisé sa situation: « Or si quelqu’un a causé de la tristesse, il a attristé, non pas moi, mais vous tous dans une certaine mesure — pour ne pas me montrer trop dur dans ce que je dis. 6 Cette réprimande infligée par la majorité suffit pour un tel homme, 7 de sorte que maintenant, au contraire, vous devriez [lui] pardonner volontiers et [le] consoler, de peur que d’une manière ou d’une autre un tel homme ne soit englouti par sa tristesse excessive » (2 Corinthiens 2:5-7). Il est intéressant de noter que l’excommunication temporaire de cet homme a été une réprimande collective de l’ensemble de la congrégation, et non le résultat d’un comité judiciaire à huis clos. Après sa repentance, l’ensemble de la congrégation devait lui pardonner cette conduite scandaleuse.
Compte tenu du contexte historique mentionné ci-dessus, il convient de faire la différence entre l’exclusion pratiquée dans le passé, dans les congrégations chrétiennes primitives, et la pratique de l’ostracisme de certains groupes religieux chrétiens actuels, à haut contrôle comportemental, dont les sièges mondiaux se trouvent majoritairement aux États-Unis.
Oui, il existe une différence fondamentale d’origine et de nature entre ces deux mots que sont l’excommunication et l’ostracisme, même s’ils partagent la notion commune d’exclusion d’un individu hors d’un groupe. L’excommunication est une sanction formelle, principalement religieuse, tandis que l’ostracisme désigne un rejet politique, social ou culturel, mais qui peut avoir une dimension religieuse.
Excommunier signifie, étymologiquement, « mettre hors de la communauté ». Elle est déclenchée par des fautes graves (hérésie, apostasie, profanation) mais conserve un objectif spirituel de discipline afin d’encourager le pécheur à se repentir pour qu’il réintègre la communauté. Cela a été le cas pour cet homme mentionné dans la première et seconde lettre aux Corinthiens. Rien n’indique, dans le contexte biblique, que la personne doive rompre ses relations familiales normales, entre parents et enfants (et petits enfants) (vice-versa) et entre conjoints.
L’ostracisme est un bannissement politique, social et religieux. Il désigne l’exclusion délibérée d’une personne par un groupe social, une corporation professionnelle, cercle amical, et même religieux. Le mécanisme de l’ostracisme ne s’appuie pas nécessairement sur un texte de loi ou un jugement officiel. Il se traduit par un boycott, un isolement volontaire, ou un refus de communiquer avec l’individu ciblé. C’est une condamnation à la mort sociale, par la destruction des réseaux d’amitiés et ainsi que des liens familiaux de la personne ostracisée, sur la base d’un jugement interne d’une communauté religieuse, politique ou sociale.
Tout comme Jésus-Christ a dénoncé le comportement révoltant des pharisiens envers le peuple (Matthieu 23), il convient aussi de dénoncer les groupes religieux dits « chrétiens », qui pratiquent l’ostracisme dans le but d’intimider l’ensemble des personnes de la communauté religieuse en question. Quels sont les groupes religieux qui pratiquent l’ostracisme communautaire et familial ?
1. Les Témoins de Jéhovah: c’est l’un des cas les plus connus et les plus stricts. Après une procédure de « retrait de la congrégation » (anciennement disfellowshipping ou excommunication), les membres sont encouragés à éviter tout contact social avec la personne concernée (ne pas lui parler, ne pas partager de repas, etc.). Des exceptions existent en théorie pour les membres de la famille immédiate vivant sous le même toit, mais la pratique est souvent très sévère. Pour ce qui des membres de la famille immédiate qui ne vit plus sous le même toit, des parents faisant partie de la communauté religieuse coupent les relations familiales normales et il en va de même dans le sens des enfants envers leurs parents. C’est une destruction totale de la cellule familiale: les parents et enfants restés fidèles ont interdiction d’échanger le moindre mot ou salutation avec l’excommunié, considéré comme « mort ».
2. Les Amish (surtout les Old Order) (et certains Mennonites) pratiquent la Meidung. Un membre baptisé qui enfreint gravement les règles de la communauté (Ordnung) et refuse de se repentir est mis « sous le ban » et socialement évité : on ne partage pas de repas avec lui, on limite fortement les contacts, et les relations économiques sont restreintes. L’objectif déclaré est de provoquer le repentir et de protéger la pureté de la communauté. Des variations existent selon les groupes (plus strict chez les Swartzentruber, un peu plus souples chez d’autres).
3. Les Frères de Plymouth (Frères Exclusifs): ce courant chrétien évangélique ultra-fondamentaliste applique une séparation stricte avec le monde extérieur. Le mécanisme: si un membre quitte la communauté ou est excommunié pour manquement aux règles morales ou doctrinales, l’ostracisme social appliqué par le groupe est immédiat et absolu. L’isolement est souvent aggravé par le fait que les membres travaillent et vivent généralement en circuit fermé.
4. Les Mormons, l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours ne pratiquent pas l’ostracisme officiel ou systématique (souvent appelé shunning) comme le font d’autres groupes religieux tels que les Témoins de Jéhovah ou les Amish. Cependant, la réalité vécue par les membres qui quittent l’Église ou qui sont excommuniés peut s’avérer complexe et varie fortement selon les familles et les cultures locales.
Concernant la pratique de l’ostracisme qui détruit les liens familiaux, voici ce qu’avait dit Jésus-Christ à des pharisiens qui invalidaient le commandement sacré d’honorer son père et sa mère au nom de la religion:
« En réponse il leur dit : “ Pourquoi vous aussi violez-vous le commandement de Dieu à cause de votre tradition ? 4 Par exemple, Dieu a dit : ‘ Honore ton père et ta mère ’, et : ‘ Que celui qui injurie père ou mère finisse dans la mort. ’ 5 Mais vous, vous dites : ‘ Qui dit à son père ou à sa mère : “ Tout ce que j’ai et dont tu pourrais tirer profit de moi est un don voué à Dieu ”, 6 [celui-là] n’a pas du tout à honorer son père. ’ Et ainsi vous avez annulé la parole de Dieu à cause de votre tradition. 7 Hypocrites ! C’est avec raison qu’Isaïe a prophétisé à votre sujet, quand il a dit : 8 ‘ Ce peuple m’honore des lèvres, mais leur cœur est très éloigné de moi. 9 C’est en vain qu’ils continuent à me rendre un culte, parce qu’ils enseignent pour doctrines des commandements d’hommes’” » (Matthieu 15:3-9).
De même actuellement, au nom de la tradition communautaire humaine, ces organisations religieuses, mentionnées ci-dessus, encouragent des fils et des filles à ne pas honorer leur père et leur mère, sous prétexte que la corporation religieuse à laquelle ils appartiennent, les ait considérés leurs parents comme des parias, souvent par un jugement à huit-clos (les enfants n’ayant pas assisté au jugement pour savoir ce qui s’est réellement passé et ce qui s’est réellement dit)… Que pense le Roi Jésus-Christ de cette situation ?…
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Chapitre 6
Ce chapitre (6), fait suite à la situation d’immoralité sexuelle dénoncée par l’apôtre Paul, dans le chapitre 5, où il est question d’un cas d’inceste. Néanmoins, le début de ce chapitre commence par des conseils concernant des conflits sérieux qui avaient lieu au sein de la congrégation de Corinthe. La gravité de la situation était telle que certains chrétiens avaient porté plainte contre d’autres auprès des tribunaux. Bien entendu, cette situation était choquante, pour les raisons que l’apôtre Paul explique dans le passage biblique qui suit:
« Ose-t-il, celui qui parmi vous a une affaire avec un autre, aller en justice devant des injustes, et non devant les saints ? 2 Ou bien ne savez-vous pas que les saints jugeront le monde ? Et si le monde est jugé par vous, êtes-vous indignes de juger des affaires de très peu d’importance ? 3 Ne savez-vous pas que nous jugerons des anges ? Pourquoi pas, alors, des affaires de cette vie ? 4 Si donc vous avez à faire juger des affaires de cette vie, est-ce que ce sont les hommes qui sont méprisés dans la congrégation que vous établissez comme juges ? 5 Je parle pour vous faire honte. Est-il vrai qu’il n’y a parmi vous pas un seul homme sage qui soit capable de juger entre ses frères, 6 mais qu’on va en justice frère avec frère, et cela devant des non-croyants ?
7 Ainsi donc, c’est une défaite complète pour vous que d’avoir des procès entre vous. Pourquoi ne vous laissez-vous pas plutôt faire du tort ? Pourquoi ne vous laissez-vous pas plutôt spolier ? 8 Au contraire, c’est vous qui faites du tort et qui spoliez, et il s’agit de vos frères » (versets 1-8).
L’apôtre Paul encourage les anciens (administrateurs) de la congrégation de Corinthe à traiter les affaires de contentieux entre frères et sœurs en interne. De quels genres de contentieux pouvait-il s’agir ? Bien que pouvant être des affaires sérieuses, voire même des délits, comme de la calomnie, des propos diffamatoires ou des affaires commerciales ou financières (de la fraude), il est évident qu’il ne s’agit pas de crimes de sang ou de crimes sexuels (comme le viol ou la pédophilie). Le contexte appuie cette compréhension, aux versets 7 et 8, par deux questions rhétoriques: « Ainsi donc, c’est une défaite complète pour vous que d’avoir des procès entre vous. Pourquoi ne vous laissez-vous pas plutôt faire du tort ? Pourquoi ne vous laissez-vous pas plutôt spolier ? 8 Au contraire, c’est vous qui faites du tort et qui spoliez, et il s’agit de vos frères » (versets 7,8).
Nous trouvons des expressions comme « faire du tort » ou « se laisser spolier ». Il est bien évident que ces expressions ne peuvent s’appliquer qu’à des délits mineurs (au regard de la loi) ; le tort faisant allusion à des propos diffamatoires, et la spoliation, à de la fraude financière. Par conséquent, les propos de l’apôtre Paul ne s’appliquent pas à des crimes de sang ou des crimes sexuels, parce que, dans ces cas-là, on l’imagine mal écrire à des victimes d’homicide ou d’abus sexuels de se laisser faire du tort ou encore de se laisser spolier…
Il ne fait aucun doute, par conséquent, qu’il s’agit d’affaires conflictuelles sérieuses, telles que la calomnie par des propos diffamatoires, et d’affaires commerciales ou financières. Dans ce cas-là, les anciens de la congrégation devaient prendre les choses en main, plutôt que de recourir aux tribunaux, à la grande honte générale (en voyant, dans la ville de Corinthe, des chrétiens porter plainte contre d’autres chrétiens en faisant intervenir des juges non chrétiens pour délibérer). Dans ce cas de figure, c’est Jésus-Christ qui a décrit la procédure à suivre:
« De plus, si ton frère commet un péché, va exposer sa faute entre toi et lui seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. 16 Mais s’il n’écoute pas, prends avec toi une ou deux autres personnes, pour que sur le dire de deux ou trois témoins toute affaire soit établie. 17 S’il ne les écoute pas, parle à la congrégation. S’il n’écoute pas non plus la congrégation, qu’il soit pour toi comme un homme des nations et comme un collecteur d’impôts » (Matthieu 18:15-17).
Ainsi, en cas de contentieux sérieux entre deux chrétiens, la procédure est d’abord que les deux parties essaient directement de résoudre le problème, seul à seul. Si le désaccord persiste, Jésus-Christ demande que la personne lésée prenne avec elle une ou deux personnes supplémentaires pour essayer de résoudre l’affaire. Il est intéressant de noter qu’une personne supplémentaire serait suffisante dans la loi des deux témoins exigés, et que la deuxième personne ferait office de personne facultative, en étant le troisième témoin. Ainsi, la personne lésée dans le contentieux serait le premier témoin et la personne supplémentaire, le deuxième témoin (Deutéronome 19:15).
Soit dit en passant, la procédure de Matthieu 18 (15-17), est assez ressemblante à celle de Matthieu 5 (23-26). Sauf que, dans ce dernier cas, le contexte n’est pas une congrégation chrétienne, mais l’ensemble de la nation d’Israël, les juges et les tribunaux étant dans ce même contexte. Néanmoins, Matthieu 5 pourrait s’appliquer à des conflits de personnalités mineurs, qui ne sont pas de l’ordre d’un contentieux grave, alors que c’est effectivement le cas dans ce qui est écrit en Matthieu 18 et en 1 Corinthiens 6.
Il est important de spécifier que la situation mentionnée en 1 Corinthiens 6, ne concerne pas des crimes de sang ni des crimes sexuels comme le viol et la pédophilie. Certains groupes religieux chrétiens, pendant de très nombreuses années, ont cherché à traiter des cas de pédophilie en interne sur la base de ce même texte, en décourageant les victimes et les parents des victimes de porter plainte, afin de ne pas jeter l’opprobre sur la congrégation chrétienne et le Nom divin. L’attitude de ces corporations religieuses est révoltante alors qu’elles tordent le sens des Écritures et permettent à des criminels sexuels de passer à travers les mailles du filet de la justice des autorités supérieures en ne les dénonçant pas directement (Romains 13). Les chrétiens fidèles victimes d’abus sexuels, ou les parents des victimes, sont tout à fait en droit de porter plainte contre de tels criminels, sans devoir en rendre compte à ces corporations religieuses pour le moins négligentes, plus soucieuses de leur réputation que de la sécurité et de l’intégrité des enfants des congrégations chrétiennes.
Dans le texte qui suit, l’apôtre Paul demande de rejeter l’immoralité sexuelle et d’autres conduites non chrétiennes, parce que le corps du disciple du Christ est un temple où habite l’esprit saint (1 Corinthiens 3:16):
« Comment ! Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront pas du royaume de Dieu ? Ne vous égarez pas. Ni fornicateurs, ni idolâtres, ni adultères, ni hommes qu’on entretient à des fins contre nature, ni hommes qui couchent avec des hommes, 10 ni voleurs, ni gens avides, ni ivrognes, ni insulteurs, ni extorqueurs n’hériteront du royaume de Dieu. 11 Et pourtant c’est là ce qu’étaient certains d’entre vous. Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été déclarés justes au nom de notre Seigneur Jésus Christ et avec l’esprit de notre Dieu.
12 Toutes choses me sont permises, mais toutes choses ne sont pas avantageuses. Toutes choses me sont permises, mais je ne vais pas me laisser asservir par quoi que ce soit. 13 Les aliments pour le ventre, et le ventre pour les aliments ; mais Dieu réduira à rien celui-là comme ceux-ci. Or le corps n’est pas pour la fornication, mais pour le Seigneur ; et le Seigneur est pour le corps. 14 Mais Dieu a relevé le Seigneur et il nous relèvera, nous aussi, par sa puissance.
15 Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres de Christ ? Vais-je donc enlever les membres du Christ pour en faire des membres de prostituée ? Que cela n’arrive jamais ! 16 Comment ! Ne savez-vous pas que celui qui est uni à une prostituée est un seul corps ? Car : “ Les deux, dit-il, seront une seule chair. ” 17 Mais celui qui est uni au Seigneur est un seul esprit. 18 Fuyez la fornication. Tout autre péché que peut commettre un homme est extérieur à son corps, mais celui qui pratique la fornication pèche contre son propre corps. 19 Comment ! Ne savez-vous pas que le corps que vous êtes est [le] temple de l’esprit saint qui est en vous [et] que vous avez de Dieu ? De plus, vous ne vous appartenez pas, 20 car vous avez été achetés à un prix. Oui, glorifiez Dieu dans le corps que vous êtes »(versets 9-20).
Le verset 13 semble bien résumer le problème qu’il y avait dans la congrégation de Corinthe ; elle était contaminée par l’immoralité sexuelle, et peut-être par un état d’esprit basé sur l’hédonisme: « Les aliments pour le ventre, et le ventre pour les aliments ; mais Dieu réduira à rien celui-là comme ceux-ci. Or le corps n’est pas pour la fornication, mais pour le Seigneur ; et le Seigneur est pour le corps ». Les chrétiens de Corinthe ne devaient pas mal utiliser leur corps humain en mangeant en excès, ni même pour pratiquer l’immoralité sexuelle.
Une autre idée importante est répétée concernant le corps du disciple du Christ (homme et femme) ; il est un temple où habite l’esprit saint. Néanmoins, Paul ajoute une autre idée importante qu’il exprime pour la première fois : notre corps humain, ne nous appartient pas, ou ne nous appartient plus. Il doit être utilisé comme un temple, pour rendre gloire à Dieu: « Comment ! Ne savez-vous pas que le corps que vous êtes est [le] temple de l’esprit saint qui est en vous [et] que vous avez de Dieu ? De plus, vous ne vous appartenez pas, car vous avez été achetés à un prix. Oui, glorifiez Dieu dans le corps que vous êtes » (versets 19,20).
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Chapitre 7
Ce chapitre semble être la conclusion, par des instructions précises que donne l’apôtre Paul, concernant la moralité chrétienne dans le couple, mais aussi en cas de séparation et dans le cadre du célibat. Dans le chapitre 5, il a attiré l’attention sur un problème d’immoralité sexuelle au sein de la congrégation de Corinthe, et il a fait des recommandations fermes et précises pour résoudre ce problème. Au chapitre 6, il a rappelé qu’en tant que disciples du Christ, nous ne nous appartenons plus, mais que notre vie est tournée vers le ministère pour rendre gloire à Dieu. Par conséquent, nous devons rejeter fermement l’immoralité sexuelle et ne pas baser notre vie uniquement sur les plaisirs. Au début du chapitre 7, il donne des recommandations pour se protéger contre l’immoralité sexuelle:
« Or, en ce qui concerne les choses à propos desquelles vous avez écrit, il est bien pour l’homme de ne pas toucher de femme ; 2 cependant, en raison de la fornication si répandue, que chaque homme ait sa propre femme et que chaque femme ait son mari à elle. 3 Que le mari rende à [sa] femme son dû ; mais que la femme aussi fasse de même envers [son] mari. 4 La femme n’a pas pouvoir sur son propre corps, mais c’est son mari ; de même aussi le mari n’a pas pouvoir sur son propre corps, mais c’est sa femme. 5 Ne vous privez pas l’un l’autre [de ce dû], si ce n’est d’un commun accord, pour un temps fixé, afin de consacrer du temps à la prière et de vous réunir de nouveau, de peur que Satan ne vous tente continuellement à cause de votre manque de maîtrise. 6 Cependant, je dis cela par concession et non comme un ordre. 7 Mais je voudrais que tous les hommes soient comme moi. Toutefois, chacun a son propre don de la part de Dieu, l’un d’une manière, l’autre d’une autre.
8 Or je dis aux non-mariés et aux veuves : il est bien pour eux qu’ils demeurent comme moi. 9 Mais s’ils ne se dominent pas, qu’ils se marient, car il vaut mieux se marier que de brûler de passion » (versets 1-9).
Pour les couples mariés, le contre-feu à l’immoralité sexuelle est « que le mari rende à [sa] femme son dû ; mais que la femme aussi fasse de même envers [son] mari » (verset 3). La sexualité mutuellement consentie, tant par l’homme que la femme, est une protection pour les couples mariés contre toute tentation de commettre l’adultère: « Ne vous privez pas l’un l’autre [de ce dû], si ce n’est d’un commun accord, pour un temps fixé, afin de consacrer du temps à la prière et de vous réunir de nouveau, de peur que Satan ne vous tente continuellement à cause de votre manque de maîtrise » (verset 5).
Le livre biblique des Proverbes, au chapitre 5, met en contraste les conséquences néfastes de l’immoralité sexuelle et les bienfaits des relations intimes dans le cadre du mariage:
« Mon fils, oh ! sois attentif à ma sagesse ! Incline tes oreilles vers mon discernement, 2 afin de garder la capacité de réflexion ; et que tes lèvres préservent la connaissance.
3 Car comme un rayon de miel les lèvres de l’étrangère gouttent sans arrêt, et son palais est plus doux que l’huile. 4 Mais ce qu’elle laisse finalement est amer comme l’absinthe ; c’est aussi acéré qu’une épée à double tranchant. 5 Ses pieds descendent vers la mort. Ses pas saisissent le shéol. 6 Elle ne considère pas le sentier de la vie. Ses pistes ont erré elle ne sait [où]. 7 Maintenant donc, ô fils, écoutez-moi et ne vous détournez pas des paroles de ma bouche. 8 Tiens ton chemin loin de ses parages, et ne t’approche pas de l’entrée de sa maison, 9 de peur que tu ne livres à d’autres ta dignité, et tes années à ce qui est cruel ; 10 de peur que des étrangers ne se rassasient de ta force et que les choses que tu as acquises avec douleur ne soient dans la maison d’un étranger, 11 de peur que tu n’aies à gémir dans ton avenir, quand ta chair et ton organisme arriveront à leur fin. 12 Et tu devras dire : “ Comme j’ai haï la discipline, et le blâme, [comme] mon cœur l’a traité sans respect ! 13 Je n’ai pas écouté la voix de mes instructeurs, et je n’ai pas incliné mon oreille vers mes enseignants. 14 Facilement je me suis trouvé dans toutes sortes de maux au milieu de la congrégation et de l’assemblée. ”
15 Bois l’eau de ta citerne, et celles qui ruissellent du milieu de ton puits. 16 Tes fontaines se disperseraient-elles au-dehors, [et] sur les places publiques [tes] ruisseaux d’eau ? 17 Qu’ils soient pour toi seul, et non pour des étrangers avec toi. 18 Que ta source d’eau soit bénie, et réjouis-toi avec la femme de ta jeunesse, 19 biche digne d’amour et charmante chèvre de montagne. Que ses seins t’enivrent en tout temps. Sois constamment grisé par son amour. 20 Pourquoi donc, mon fils, te laisserais-tu griser par une étrangère ou étreindrais-tu le sein de l’étrangère ? 21 Car les voies de l’homme sont devant les yeux de Jéhovah, et il considère toutes ses pistes. 22 Ses propres fautes captureront le méchant, et dans les cordes de son péché il sera saisi. 23 Il mourra, lui, parce qu’il n’y a pas de discipline et [parce que] dans l’abondance de sa sottise il s’égare » (Proverbes chapitre 5).
Le point de vue personnel de l’apôtre Paul, qu’il ne présente pas de façon dogmatique, est que le célibat est préférable au mariage. Néanmoins, pour les hommes ou les femmes qui désirent se marier, qu’ils le fassent « car il vaut mieux se marier que de brûler de passion » (verset 9). Dans les recommandations qui suivent, il présente différentes situations avec des conseils précis et clairs ; c’est pour cela que les passages bibliques n’auront pas trop besoin d’être commentés ou expliqués:
« Aux personnes mariées, je donne des instructions, non pas moi cependant, mais le Seigneur : qu’une femme ne se sépare pas de son mari ; 11 mais si vraiment elle se sépare, qu’elle reste sans se marier ou bien qu’elle se réconcilie avec son mari ; et un mari ne doit pas quitter sa femme.
12 Mais aux autres, je dis, oui moi, non le Seigneur : si un frère a une femme non croyante, et que pourtant elle consente à habiter avec lui, qu’il ne la quitte pas ; 13 et une femme qui a un mari non croyant, et pourtant il consent à habiter avec elle, qu’elle ne quitte pas son mari. 14 Car le mari non croyant est sanctifié en ce qui concerne [sa] femme, et la femme non croyante est sanctifiée en ce qui concerne le frère ; autrement, vos enfants seraient réellement impurs, mais maintenant ils sont saints. 15 Mais si le non-croyant entreprend de se séparer, qu’il se sépare ; un frère ou une sœur ne sont pas asservis en pareil cas, mais Dieu vous a appelés à la paix. 16 En effet, femme, comment sais-tu que tu ne sauveras pas [ton] mari ? Ou bien, mari, comment sais-tu que tu ne sauveras pas [ta] femme ? » (versets 10-16).
Les conseils généraux qui suivent sont que les chrétiens récemment convertis, tant que cela respecte les principes bibliques, restent dans la condition dans laquelle ils étaient avant de devenir disciples du Christ, en ayant une vie simple:
« Seulement, comme Jéhovah a donné à chacun une part, que chacun marche comme Dieu l’a appelé. Et c’est ainsi que je le prescris dans toutes les congrégations. 18 Quelqu’un a-t-il été appelé étant circoncis ? Qu’il ne devienne pas incirconcis. Quelqu’un a-t-il été appelé étant dans l’incirconcision ? Qu’il ne se fasse pas circoncire. 19 La circoncision ne signifie rien, et l’incirconcision ne signifie rien, mais [ce qui importe], c’est l’observation des commandements de Dieu. 20 Dans l’état où chacun a été appelé, qu’il y demeure. 21 As-tu été appelé alors que tu étais un esclave ? Ne t’en soucie pas ; mais si tu peux aussi devenir libre, saisis plutôt l’occasion. 22 Car tout homme dans le Seigneur qui a été appelé alors qu’il était un esclave est l’affranchi du Seigneur ; de même, celui qui a été appelé alors qu’il était un homme libre est un esclave de Christ. 23 Vous avez été achetés à un prix ; cessez de devenir esclaves des hommes. 24 Dans la condition où chacun a été appelé, frères, qu’il y demeure dans sa relation avec Dieu.
25 Or, en ce qui concerne ceux qui sont vierges, je n’ai pas d’ordre du Seigneur, mais je donne mon avis en homme à qui il a été fait miséricorde par le Seigneur pour être fidèle. 26 Je pense donc que ceci est bien en raison des difficultés, ici, chez nous : qu’il est bien pour un homme de demeurer comme il est. 27 Es-tu lié à une femme ? Cesse de chercher à t’en détacher. Es-tu délié d’une femme ? Cesse de chercher une femme. 28 Mais même si tu te mariais, tu ne commettrais pas de péché. Et si une [personne qui est] vierge se mariait, cette [personne-]là ne commettrait pas de péché. Cependant, ceux [qui se marient] auront des tribulations dans leur chair. Mais moi je veux vous épargner » (versets 17-28).
Les dernières recommandations de l’apôtre Paul sont que, quelle que soit la situation dans laquelle se trouve le disciple du Christ, elle ne doit pas l’empêcher de servir pleinement Dieu et son Fils Jésus-Christ:
« De plus, voici ce que je dis, frères : le temps qui reste est réduit. Désormais, que ceux qui ont des femmes soient comme s’ils n’en avaient pas, 30 et aussi que ceux qui pleurent soient comme ceux qui ne pleurent pas, et ceux qui se réjouissent comme ceux qui ne se réjouissent pas, et ceux qui achètent comme ceux qui ne possèdent pas, 31 et ceux qui usent du monde comme ceux qui n’en usent pas pleinement ; car la scène de ce monde est en train de changer. 32 Oui, je veux que vous soyez exempts de toute inquiétude. L’homme qui n’est pas marié s’inquiète des choses du Seigneur, comment il peut gagner l’approbation du Seigneur. 33 Mais l’homme marié s’inquiète des choses du monde, comment il peut gagner l’approbation de sa femme, 34 et il est partagé. De plus, la femme non mariée, et la vierge, s’inquiète des choses du Seigneur, pour être sainte et dans son corps et dans son esprit. Cependant, la femme mariée s’inquiète des choses du monde, comment elle peut gagner l’approbation de son mari. 35 Mais je dis cela pour votre avantage personnel, non pour vous tendre un piège, mais pour vous porter à ce qui est convenable et à ce qui représente le service assidu du Seigneur, sans distraction.
36 Mais si quelqu’un pense qu’il agit d’une manière incorrecte à l’égard de sa virginité, si celle-ci a passé la fleur de la jeunesse, et que cela doive se passer ainsi, qu’il fasse ce qu’il veut ; il ne pèche pas. Qu’ils se marient. 37 Mais si quelqu’un demeure bien résolu dans son cœur, n’ayant pas de contrainte, mais s’il a pouvoir sur sa propre volonté et a pris cette décision dans son propre cœur : de garder sa propre virginité, il fera bien. 38 Par conséquent, celui qui donne sa virginité dans le mariage fait bien, mais celui qui ne la donne pas dans le mariage fera mieux.
39 Une femme est liée aussi longtemps que son mari est vivant. Mais si son mari vient à s’endormir [dans la mort], elle est libre de se marier à qui elle veut, seulement dans [le] Seigneur. 40 Mais elle est plus heureuse, à mon avis, si elle demeure comme elle est. Bien sûr, je pense avoir moi aussi l’esprit de Dieu » (versets 29-40).
Bien qu’une fois de plus, à titre personnel, l’apôtre Paul recommande le célibat, il dit que, quelle que soit la situation dans laquelle est le disciple, elle ne doit pas constituer un obstacle pour servir pleinement Dieu et son Fils Jésus-Christ. Cette nécessité de se rendre disponible pour le ministère chrétien vient du fait que la scène de ce monde est en train de changer (versets 29-31).
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Chapitre 8:
Ce chapitre montre l’importance d’adapter nos connaissances à la sensibilité de la conscience d’autrui, particulièrement à celle des nouveaux disciples du Christ. L’apôtre Paul aborde le thème délicat, pour son époque, de la consommation de viande potentiellement sacrifiée aux idoles. Il donne des indications, que nous retrouvons également dans l’épître aux Romains, au chapitre 2, concernant la conscience et la tendance à juger autrui, et au 14, concernant la consommation de viande potentiellement sacrifiée (les instructions sont assez similaires à celles du chapitre 8 ci-dessous):
« Or, en ce qui concerne les aliments offerts aux idoles : nous savons que tous nous avons la connaissance. La connaissance gonfle, mais l’amour bâtit. 2 Si quelqu’un pense avoir appris quelque chose, il ne sait pas encore [cela] comme il devrait [le] savoir. 3 Mais si quelqu’un aime Dieu, celui-là est connu de lui » (versets 1-3).
Quand il est écrit que la connaissance gonfle, cela veut dire que les humains pécheurs ont la mauvaise tendance d’en faire étalage par orgueil, plutôt que, principalement, par souci d’édifier et par amour fraternel pour autrui. L’amour, qui édifie notre prochain, fait en sorte que nous utilisions la connaissance que nous avons en tenant compte des besoins spirituels de notre frère ou notre sœur dans la foi. Le verset 3 montre que l’amour pour notre prochain est en lien direct avec l’amour pour Dieu et avec la qualité de notre relation avec lui. Ensuite, l’apôtre Paul explique ce qu’est le point de vue du chrétien spirituellement mature concernant la consommation d’une viande potentiellement sacrifiée:
« Or, pour ce qui est de manger des aliments offerts aux idoles, nous savons qu’une idole n’est rien dans le monde et qu’il n’y a de Dieu qu’un seul. 5 Car, bien qu’il y ait ceux qu’on appelle “ dieux ”, soit au ciel, soit sur la terre, tout comme il y a beaucoup de “ dieux ” et beaucoup de “ seigneurs ”, 6 pour nous il y a réellement un seul Dieu le Père, de qui toutes choses sont, et nous pour lui ; et il y a un seul Seigneur, Jésus Christ, par l’intermédiaire de qui toutes choses sont, et nous par son intermédiaire » (versets 4-6).
Une fois qu’il a expliqué qu’une idole n’est rien et que, par conséquent, elle ne change pas la nature intrinsèque de la viande bonne à consommer, il écrit que, même dans cette situation, il convient de tenir compte de la conscience d’un nouveau converti au christianisme qui, dans le passé, avait l’habitude de consommer, dans le temple, de la viande sacrifiée aux idoles:
« Toutefois, cette connaissance n’est pas en tous ; mais quelques-uns, habitués jusqu’à maintenant à l’idole, mangent un aliment comme quelque chose qui a été sacrifié à une idole, et leur conscience, qui est faible, est souillée. 8 Mais un aliment ne nous recommandera pas à Dieu ; si nous ne mangeons pas, nous ne manquons de rien, et si nous mangeons, nous n’avons aucun mérite. 9 Mais prenez toujours garde que ce droit que vous avez ne devienne d’une manière ou d’une autre pour ceux qui sont faibles un obstacle qui fait trébucher. 10 Car si quelqu’un te voit, toi qui as de la connaissance, étendu devant un repas dans le temple d’une idole, est-ce que la conscience de celui-là qui est faible ne sera pas bâtie au point de manger des aliments offerts aux idoles ? 11 Ainsi, par ta connaissance, l’homme qui est faible est en train de se perdre, [ton] frère pour qui Christ est mort. 12 Mais lorsque vous péchez de cette façon contre vos frères et que vous blessez leur conscience qui est faible, vous péchez contre Christ. 13 C’est pourquoi, si un aliment fait trébucher mon frère, non, jamais plus je ne mangerai de viande, pour ne pas faire trébucher mon frère » (versets 7-13).
L’expression « conscience faible » désigne la conscience d’un chrétien qui n’a pas encore atteint la maturité spirituelle. Il est encore influencé par ses anciennes croyances. Dans ce cas, le chrétien mature tiendra compte de la sensibilité de la conscience de ce nouveau chrétien en s’abstenant de consommer de la viande potentiellement sacrifiée, pour ne pas le choquer ou le pousser à agir contre la sensibilité de sa propre conscience.
Cette façon d’agir devrait nous encourager à tenir compte de la conscience des nouveaux convertis au christianisme, influencée par leur passé religieux, et qui, peut-être, sont nés ou ont vécu de très nombreuses années sous l’interdiction de la consommation de certaines viandes ou de certaines boissons alcoolisées. Il y a d’autres situations où le chrétien ayant des problèmes de dépendance à l’alcool aurait décidé de ne plus en consommer. Dans ce cas, s’il devait être invité à manger, alors que sa situation est connue, il serait bien de ne pas boire de boissons alcoolisées afin d’éviter toute tentation. Dans ces différentes circonstances, il vaudrait mieux mettre nos préférences au second plan pour le bien de nos frères et sœurs en Christ (verset 13).
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Chapitre 9:
Il est possible que, dans ce chapitre, Paul s’adresse à ceux qui ont tendance à juger et peut-être à lui reprocher le fait qu’il vive matériellement du ministère de la Parole de Dieu (1 Corinthiens 4:5). Il va répondre à la question de savoir si un chrétien peut vivre de la Bonne Nouvelle. Peut-il profiter des dons volontaires que peuvent lui faire d’autres chrétiens de la congrégation, alors qu’il consacre une grande partie de son temps au ministère public de la Parole, comme l’ont fait Jésus-Christ et ses apôtres pendant trois ans et demi, et d’autres disciples du Christ de son époque ?
« Ne suis-je pas libre ? Ne suis-je pas apôtre ? N’ai-je pas vu Jésus notre Seigneur ? N’êtes-vous pas mon œuvre dans [le] Seigneur ? 2 Si pour d’autres je ne suis pas apôtre, je le suis assurément pour vous, car vous êtes le sceau qui authentifie mon apostolat en ce qui concerne [le] Seigneur.
3 Ma défense contre ceux qui m’examinent, la voici : 4 Nous avons le droit de manger et de boire, n’est-ce pas ? 5 Nous avons le droit, n’est-ce pas, d’emmener avec nous une sœur comme épouse, tout comme les autres apôtres et les frères du Seigneur et Céphas. 6 Ou bien, n’y a-t-il que Barnabas et moi qui n’ayons pas le droit de nous dispenser de [tout] travail [profane] ? 7 Qui sert jamais comme soldat à ses propres frais ? Qui plante une vigne et n’en mange pas le fruit ? Ou qui fait paître un troupeau et ne mange pas du lait du troupeau ?
8 Est-ce que je dis ces choses selon des normes humaines ? Ou bien la Loi, elle aussi, ne dit-elle pas ces choses ? 9 Car dans la loi de Moïse il est écrit : “ Tu ne dois pas museler le taureau quand il bat le grain. ” Est-ce des taureaux que Dieu se soucie ? 10 Ou est-ce absolument à cause de nous qu’il dit cela ? C’est bien à cause de nous que cela a été écrit, parce que l’homme qui laboure doit labourer avec espérance, et celui qui bat [le grain] doit le faire avec l’espérance d’avoir sa part.
11 Si nous avons semé pour vous des [biens] spirituels, est-ce une grande affaire si nous moissonnons de vous des choses pour la chair ? 12 Si d’autres ont part à ce droit sur vous, ne l’avons-nous pas bien plus ? Toutefois nous n’avons pas usé de ce droit ; mais nous supportons tout, afin de ne pas faire obstacle à la bonne nouvelle concernant le Christ. 13 Ne savez-vous pas que ceux qui accomplissent des fonctions sacrées mangent les choses du temple et que ceux qui servent constamment à l’autel partagent avec l’autel ? 14 De même aussi le Seigneur a prescrit à ceux qui proclament la bonne nouvelle de vivre par le moyen de la bonne nouvelle.
15 Mais moi je n’ai usé d’aucune de ces [dispositions]. Oui, je n’ai pas écrit ces choses pour que cela se passe ainsi dans mon cas, car mieux vaudrait pour moi mourir que de… personne ne rendra vain le motif que j’ai de me glorifier ! 16 Si donc j’annonce la bonne nouvelle, ce n’est pas pour moi un motif de me glorifier, car la nécessité m’en est imposée. Oui, malheur à moi si je n’annonçais pas la bonne nouvelle ! 17 Si j’accomplis cela de bon gré, j’ai une récompense ; mais si je le fais contre mon gré, toujours est-il qu’une gestion m’a été confiée. 18 Quelle est donc ma récompense ? C’est qu’en annonçant la bonne nouvelle je peux fournir la bonne nouvelle gratuitement, afin de ne pas abuser de mon droit dans la bonne nouvelle » (versets 1-18).
Le chrétien peut-il vivre matériellement par le moyen de la Bonne Nouvelle ? L’apôtre Paul répond par l’affirmative, en vertu de l’apostolat qui lui a été confié. Néanmoins, le verset 15 montre que l’apôtre Paul n’a pas utilisé ces dispositions. Jésus-Christ, en envoyant ses disciples prêcher, a montré qu’ils pouvaient accepter de vivre matériellement de la Bonne Nouvelle (Matthieu, chapitre 10):
« Ces douze, Jésus les envoya, leur donnant les ordres suivants : “ Ne vous en allez pas sur la route des nations et n’entrez pas dans une ville samaritaine ; 6 mais allez plutôt continuellement vers les brebis perdues de la maison d’Israël. 7 Quand vous irez, prêchez, en disant : ‘ Le royaume des cieux s’est approché. ’ 8 Guérissez les malades, relevez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. 9 Ne vous procurez ni or, ni argent, ni cuivre pour vos bourses de ceinture, 10 ni sac à provisions pour le voyage, ni deux vêtements de dessous, ni sandales, ni bâton ; car l’ouvrier mérite sa nourriture » (Matthieu 10:5-10).
Par l’expression « l’ouvrier mérite sa nourriture », Jésus-Christ explique que, dans la mesure où ses disciples travaillent dur dans le ministère de la Parole de Dieu, ils méritent d’avoir une aide matérielle pour avoir un toit et de quoi se nourrir. Le contexte de Matthieu chapitre 10, montre que les disciples du Christ pouvaient accepter des dons matériels et l’hospitalité, de façon volontaire de la part du donateur, et qu’ils n’auraient pas le droit d’exiger un paiement pour avoir prêché ou enseigné la Bonne Nouvelle: « Guérissez les malades, relevez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Matthieu 10:8). C’est ce que l’apôtre Paul explique en commentant l’un des commandements de la Loi Mosaïque: « Tu ne dois pas museler le taureau quand il bat le grain » (verset 9).
Cependant, actuellement, cette disposition biblique et chrétienne est monstrueusement dénaturée par des pasteurs évangéliques, des télévangélistes qui s’enrichissent de façon éhontée aux dépens des congrégations qu’ils administrent, ainsi que par des organisations dites chrétiennes, représentant de puissantes corporations financières dont les sièges mondiaux se trouvent souvent aux États-Unis. Certains groupements religieux imposent la dîme qui était requise sous la Loi mosaïque, alors que nous ne sommes plus sous son autorité, Christ étant la fin de la Loi (Romains 10:4). Cette pratique est hors de la loi du Christ, qui n’impose pas des versements financiers obligatoires en faveur des bergers qui se font entretenir par le troupeau, ou en faveur des clergés souvent d’origine américaine, organisés en véritables corporations financières et immobilières affairistes.
La suite du chapitre montre comment l’apôtre Paul s’est sincèrement dépensé pour prêcher la Bonne Nouvelle, en s’adaptant à la situation de chacun, afin de toucher le cœur d’un maximum de personnes:
« Car, bien que je sois libre à l’égard de tous, je me suis fait l’esclave de tous, afin de gagner le plus de gens possible. 20 Pour les Juifs donc, je suis devenu comme un Juif, afin de gagner des Juifs ; pour ceux qui sont sous [la] loi, je suis devenu comme [si j’étais] sous [la] loi, bien que moi-même je ne sois pas sous [la] loi, afin de gagner ceux qui sont sous [la] loi. 21 Pour ceux qui sont sans loi, je suis devenu comme [si j’étais] sans loi, bien que je ne sois pas sans loi à l’égard de Dieu, mais sous [la] loi à l’égard de Christ, afin de gagner ceux qui sont sans loi. 22 Pour les faibles, je suis devenu faible, afin de gagner les faibles. Je suis devenu toutes choses pour des gens de toutes sortes, afin d’en sauver de toute manière quelques-uns. 23 Mais je fais toutes choses à cause de la bonne nouvelle, afin d’en devenir participant avec [d’autres].
24 Ne savez-vous pas que les coureurs, dans une course, courent tous, mais qu’un seul reçoit le prix ? Courez de manière à l’obtenir. 25 En outre, tout homme qui participe à une compétition se maîtrise en toutes choses. Mais eux, naturellement, le font pour recevoir une couronne corruptible, mais nous, une incorruptible. 26 Voici donc de quelle façon je cours : [je] ne [cours] pas à l’aventure ; voici de quelle façon je dirige mes coups : [je les dirige] de façon à ne pas battre l’air ; 27 mais mon corps, je le bourre de coups et l’emmène comme un esclave, de peur qu’après avoir prêché aux autres, je ne me trouve moi-même désapprouvé d’une manière ou d’une autre » (versets 19-27).
Le verset 23 résume bien la sincérité de l’apôtre Paul, dans son engagement à prêcher la Bonne Nouvelle: « Mais je fais toutes choses à cause de la bonne nouvelle, afin d’en devenir participant avec d’autres » (verset 23). Dans la conclusion de ce chapitre (qui est aussi une transition pour le chapitre suivant, le 10) il revient sur l’idée importante que tout travail mérite une récompense ; dans son cas, l’accomplissement de son espérance et celui des chrétiens de Corinthe (comme de l’ensemble des chrétiens fidèles du monde entier): une couronne incorruptible, la vie éternelle (verset 25). Cette idée de l’accomplissement de l’espérance de la vie éternelle est développée dans le chapitre 10, montrant qu’il faut courir de façon à l’obtenir et que rien n’est gagné tant que la ligne d’arrivée n’ait été franchie (pour rester dans la métaphore de la course à pied) (verset 24).
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Chapitre 10:
Le thème principal de ce chapitre est introduit à la fin du chapitre 9 : le ministère chrétien est comparable à une course qui n’est gagnée qu’en franchissant la ligne d’arrivée, pour recevoir le prix accordé par le Père céleste, par l’intermédiaire de son Fils Jésus-Christ, à savoir la vie éternelle (1 Corinthiens 9:24-27).
Dans le chapitre suivant, l’apôtre Paul va développer l’idée selon laquelle, tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie, rien n’est gagné. Pour cela, il va prendre des exemples historiques dans la Bible, montrant que, bien que Dieu ait accordé une faveur spéciale à son peuple Israël, particulièrement au sortir du pays d’Égypte, beaucoup d’entre eux ne sont pas parvenus à la Terre promise.
Dans son introduction, il va faire des allusions historiques (écrites dans les livres de l’Exode et des Nombres) qu’il convient de mentionner afin de bien comprendre son enseignement. Il s’agit de la sortie du peuple d’Israël du pays d’Égypte, au moment où les Israélites traversaient la mer Rouge, Dieu les ayant à la fois protégés des armées égyptiennes à leur poursuite en mettant une séparation sous la forme d’un nuage, et ensuite en ouvrant la mer devant eux (Exode chapitre 14). Ensuite, s’en est suivie une pérégrination du peuple d’Israël dans le désert de 40 ans, guidée par ce fameux nuage au-dessus du Tabernacle, où Dieu a nourri son peuple avec de la manne et en faisant jaillir des points d’eau:
« Or je ne veux pas que vous ignoriez, frères, que nos ancêtres ont tous été sous le nuage et que tous ont traversé la mer 2 et que tous ont été baptisés dans Moïse par le moyen du nuage et de la mer ; 3 et que tous ont mangé la même nourriture spirituelle 4 et que tous ont bu la même boisson spirituelle. Ils buvaient, en effet, au rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher représentait le Christ. 5 Toutefois, la plupart d’entre eux, Dieu ne les a pas agréés, car ils ont été abattus dans le désert » (versets 1-5).
Comme les chrétiens baptisés en Jésus-Christ, le peuple d’Israël a été baptisé dans Moïse. Néanmoins, cette relation spéciale de son peuple avec Dieu n’a pas empêché que beaucoup d’entre eux n’aient pas eu l’accomplissement de leur espérance, à savoir la Terre promise, en raison de leur désobéissance envers Dieu. L’apôtre Paul se sert de cet exemple historique comme avertissement: tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie, rien n’est gagné (1 Corinthiens 9:24-27).
« Baptisés dans Moïse » (verset 2): le baptême symbolise un changement important de condition ou de situation. Il signifie une submersion dans l’eau, représentant la mort ou la disparition de l’ancienne condition, et la sortie de l’eau symbolise une résurrection dans une nouvelle condition. Le peuple d’Israël a été collectivement baptisé en Moïse, dans la mer Rouge. Lorsque le peuple d’Israël est sorti d’Égypte, en marchant entre les deux murailles d’eau lors de leur traversée de la mer Rouge, il a été collectivement baptisé ou submergé, représentant la mort de son ancienne condition d’esclavage, et ensuite, en ressortant de la mer pour se diriger vers la Terre promise, il est ressuscité dans une nouvelle condition de relation spéciale avec Dieu.
Dans Romains, chapitre 6, il y a ce même processus, en lien avec le baptême chrétien, alternant la mort (la submersion totale dans l’eau) et la résurrection (la sortie de l’eau): « Ou bien ne savez-vous pas que nous tous qui avons été baptisés dans Christ Jésus, nous avons été baptisés dans sa mort ? 4 Nous avons donc été enterrés avec lui par notre baptême dans sa mort, afin que, de même que Christ a été relevé d’entre les morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. 5 Car si nous nous sommes unis à lui dans la ressemblance de sa mort, à coup sûr nous serons aussi [unis à lui dans la ressemblance] de sa résurrection » (Romains 6:3-5).
Lors du baptême chrétien, le bref instant de submersion du corps sous l’eau représente cette mort de notre ancienne personnalité, avec ses défauts et ses pratiques graves du péché. Le ministère du Christ de trois ans et demi était un baptême dans la mort, qui allait aboutir à sa mort sacrificielle, pour ensuite être ressuscité le troisième jour. Notre baptême dans la mort dure le temps de notre ministère dans le présent système de choses. Avant ce ministère, qui a commencé par notre baptême, nous avons progressivement fait mourir notre ancienne personnalité et, ensuite, après ce baptême dans la mort du Christ, nous serons ressuscités, comme Christ l’a été:
« Or ces choses sont devenues nos exemples, pour que nous ne soyons pas des gens qui désirent des choses mauvaises, comme ils les ont désirées. 7 Ne devenez pas non plus idolâtres, comme certains d’entre eux ; ainsi que c’est écrit : “ Le peuple s’assit pour manger et boire, et ils se levèrent pour s’amuser. ” 8 Ne pratiquons pas non plus la fornication, comme certains d’entre eux ont commis la fornication, et il en tomba vingt-trois mille en un seul jour. 9 Ne mettons pas non plus Jéhovah à l’épreuve, comme certains d’entre eux [l’]ont mis à l’épreuve, et ils périrent par les serpents. 10 Ne murmurez pas non plus, comme certains d’entre eux ont murmuré, et ils périrent par le destructeur. 11 Or ces choses leur arrivaient comme exemples, et elles ont été écrites pour nous avertir, nous sur qui les fins des systèmes de choses sont arrivées » (versets 6-11).
Le fond du message d’avertissement est bien résumé dans le verset 11: « Or ces choses leur arrivaient comme exemples, et elles ont été écrites pour nous avertir, nous sur qui les fins des systèmes de choses sont arrivées ». Si Dieu permet que les épreuves nous surviennent, il fait en sorte qu’elles ne soient pas insurmontables:
« Par conséquent, que celui qui pense être debout prenne garde de ne pas tomber. 13 Aucune tentation ne vous est survenue qui ne soit commune aux hommes. Mais Dieu est fidèle, et il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de ce que vous pouvez supporter, mais avec la tentation il préparera aussi l’issue, afin que vous puissiez l’endurer » (versets 12,13).
Les chrétiens de la ville de Corinthe vivaient dans une civilisation politico-religieuse gréco-romaine imprégnée de pratiques idolâtriques ; c’est pour cette raison qu’il fait cette recommandation:
« C’est pourquoi, mes bien-aimés, fuyez l’idolâtrie. 15 Je [vous] parle comme à des hommes qui ont du discernement ; jugez vous-mêmes de ce que je dis. 16 La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas une participation au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas une participation au corps du Christ ? 17 Parce qu’il y a un seul pain, nous, bien que nombreux, nous sommes un seul corps, car nous avons tous part à ce seul pain.
18 Regardez l’Israël selon la chair : Ceux qui mangent les sacrifices ne sont-ils pas associés à l’autel ? 19 Que faut-il donc que je dise ? Que ce qui est sacrifié à une idole est quelque chose ? Ou qu’une idole est quelque chose ? 20 Non ; mais je dis que les choses que les nations sacrifient, elles les sacrifient à des démons et non à Dieu ; et je ne veux pas que vous deveniez les associés des démons. 21 Vous ne pouvez boire la coupe de Jéhovah et la coupe des démons ; vous ne pouvez avoir part à “ la table de Jéhovah ” et à la table des démons. 22 Ou bien “ excitons-nous la jalousie de Jéhovah ” ? Nous ne sommes pas plus forts que lui, n’est-ce pas ? » (versets 14-22).
Ensuite, il va répéter une idée qui lui semble très importante (il la répète une seconde fois), à savoir que les chrétiens matures doivent tenir compte de la sensibilité de la conscience des nouveaux disciples du Christ concernant la consommation des viandes vendues au marché dans la ville de Corinthe, qui pouvaient avoir été sacrifiées aux idoles:
« Toutes choses sont permises, mais toutes choses ne sont pas avantageuses. Toutes choses sont permises, mais toutes choses ne bâtissent pas. 24 Que chacun continue à chercher, non pas son propre [avantage], mais celui de l’autre.
25 Tout ce qui se vend au marché de la viande, continuez à le manger, sans poser de question à cause de [votre] conscience ; 26 car “ à Jéhovah appartient la terre et ce qui la remplit ”. 27 Si quelqu’un des non-croyants vous invite et que vous vouliez y aller, mangez tout ce qu’on placera devant vous, sans poser de question à cause de [votre] conscience. 28 Mais si quelqu’un vous dit : “ Voici quelque chose qui a été offert en sacrifice ”, n’en mangez pas, à cause de celui qui l’a signalé et à cause de la conscience. 29 “ La conscience ”, dis-je, non la tienne, mais celle de l’autre. Car pourquoi ma liberté serait-elle jugée par la conscience d’un autre ? 30 Si je prends ma part en rendant grâces, pourquoi parlerait-on de moi en mal pour ce dont je rends grâces ?
31 Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu. 32 Gardez-vous de devenir des occasions de trébucher pour les Juifs ainsi que pour les Grecs et pour la congrégation de Dieu, 33 tout comme moi je plais à tous en toutes choses, ne cherchant pas mon propre avantage, mais celui du grand nombre, afin qu’ils soient sauvés » (versets 23-33).
Concernant la viande vendue au marché, l’instruction est simple (il faut relire le chapitre 8 pour en comprendre la raison): ne pas se poser de questions quant à savoir si elle a été sacrifiée ou non. Cela ne change pas le fait que cette viande soit consommable, et même les idoles n’ont aucune influence sur cette nourriture saine. Cependant, il précise que si par hasard, durant un repas d’invitation, une personne devait dire que cette viande avait été au préalable sacrifiée aux idoles, alors dans ce cas, il ne fallait pas la manger, pour des raisons de conscience, non pas la nôtre (qui nous aurait permis de la manger, s’il n’avait rien dit), mais celle des autres (verset 29).
En conclusion sur ce sujet, il ne faut pas faire de la consommation d’aliments un sujet d’achoppement, mais tout faire pour la gloire de Dieu (verset 31).
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Les commentaires de l’Épître aux Romains, chapitre par chapitre, ne seront pas linéaires (une étude verset par verset), mais plutôt des commentaires composés sur des points majeurs qui ressortent dans le chapitre étudié…
Quand on lit la lettre de Jacques, on est surpris par la ressemblance de sa manière d’enseigner, avec celle de son frère aîné Jésus. Il utilise beaucoup d’illustrations comme le faisait Jésus.
Méditation sur la lettre de Jude menant à la maturité chrétienne. Cette lettre dénonce l’infiltration dans la congrégation chrétienne, d’individus malveillants, aux comportements douteux qui pervertissent la pureté spirituelle requise par Dieu et son Fils Jésus-Christ.
La lecture de deux lettres de Pierre ne pose pratiquement aucun problème de compréhension. Néanmoins, parfois, Pierre emploie des expressions ou des images qui sont en lien avec la Loi Mosaïque et particulièrement l’ancienne prêtrise, qui seront expliquées sans nécessairement rentrer dans les détails.
Le rédacteur de ces trois lettres est Jean, l’un des douze apôtres de Jésus-Christ. Il est également le rédacteur de l’évangile qui porte son nom et ainsi que de l’Apocalypse ou Révélation. La lecture de ces lettres est agréable parce qu’elle ne pose pas de difficultés majeures de compréhension.
Atteindre la maturité spirituelle (Hébreux 6:1)
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Table des matières du site yomelijah.fr
Tout en lisant la Bible chaque jour, cette table des matières contient des articles bibliques instructifs (Veuillez cliquer sur le lien ci-dessus afin de la consulter, s’il vous plait)…
Liste (en anglais) des plus de soixante-dix langues, avec six articles bibliques importants, écrits dans chacune de ces langues…
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