ENGLISH ESPAÑOL FRANÇAIS PORTUGUÊS

La plupart des traductions de la Bible donnent l’information selon laquelle Jésus-Christ serait mort sur une croix, alors qu’il existe une traduction, la Traduction du Monde Nouveau, qui donne l’information très atypique selon laquelle Jésus-Christ serait mort cloué à un poteau de supplice. Il y a un moyen de savoir quelle est l’information exacte à ce sujet.
En soi, dans l’absolu, le fait de s’interroger s’il s’agit d’une croix ou d’un poteau de supplice semble tout à fait secondaire, parce que ce qui compte, c’est le sacrifice lui-même, de la vie humaine sans péché de Jésus-Christ, qui donne la possibilité de la vie éternelle: « Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique-engendré, afin que tout homme qui exerce la foi en lui ne soit pas détruit mais ait la vie éternelle » (Jean 3:16).
Cette question reste néanmoins très importante parce que la croix, comme instrument (supposé) de la mort de Jésus-Christ, a été instrumentalisée à un point qui a donné lieu à des pratiques idolâtriques au sein de la chrétienté. Par exemple, dans de nombreuses églises orthodoxes et catholiques, le corps du Christ est exposé, cloué sur une croix. Ces représentations font l’objet d’un culte, d’une adoration. Les chrétiens orthodoxes et catholiques font le signe de croix lorsqu’ils prient. De nombreuses personnes orthodoxes, catholiques ou d’autres confessions chrétiennes portent une croix autour du cou. Les temples protestants et évangéliques arborent des croix comme symbole du christianisme et de la foi dans le sacrifice du Christ.
Or, le constat est le suivant: si l’on s’en tient exclusivement à la Bible (Sola Scriptura), dans le récit des Évangiles et les lettres des apôtres, il n’y a aucun passage qui encourage le culte de la croix, ni même d’en faire une représentation, même succincte, comme symbole du christianisme ou du sacrifice du Christ.
Il convient de rappeler ce qu’a dit Jésus-Christ à la Samaritaine concernant la façon d’adorer le Père Céleste: « Toutefois l’heure vient, et c’est maintenant, où les vrais adorateurs adoreront le Père avec l’esprit et la vérité ; le Père, en effet, cherche des hommes de ce genre pour l’adorer. Dieu est un Esprit, et ceux qui l’adorent doivent l’adorer avec l’esprit et la vérité » (Jean 4:23,24). Par conséquent, les vrais adorateurs ne doivent pas pratiquer l’idolâtrie, et encore moins instrumentaliser la croix comme objet de culte, afin de démontrer leur foi dans le sacrifice du Christ. Cette démonstration de la foi dans le sacrifice du Christ doit se faire « avec l’esprit et la vérité » (et non par objet interposé, comme la croix, par exemple).
***
Le stauros est un poteau
La traduction en français du mot croix (crux en latin) (dans la quasi-totalité des traductions de la Bible), vient du mot grec (σταυρός), stauros (Strong Concordance, G4716). La Strong Concordance reconnaît que le sens premier de stauros est un pieu ou un poteau (placé verticalement). Ensuite, cette même concordance explique qu’il a pris le sens de croix comme instrument de la peine de mort. Nous allons examiner si un tel changement dans la signification de stauros, de poteau à croix, est justifié ou non.
Dans le grec classique, le mot stauros signifie un pieu dressé, en particulier un pieu pointu (Homère, Hérodote, Thucydide, Xénophon).
Dans le grec koinè, le mot stauros signifie un simple morceau de bois droit planté verticalement, sans traverse.
Il y a eu une évolution sémantique et religieuse ; avec le Nouveau Testament et l’expansion du christianisme, le terme a été utilisé pour désigner l’instrument du supplice de Jésus-Christ et a été généralement traduit par « croix » dans les langues modernes et les traditions chrétiennes majoritaires.
Le xulon est un poteau
Pour voir si cette évolution sémantique est justifiée ou non, nous allons examiner le sens d’un autre mot qui est utilisé dans le Nouveau Testament comme synonyme de stauros, il s’agit du mot grec « xulon » (ξύλον) (Strong Concordance, G3586).
Le mot grec xulon peut avoir plusieurs sens:
1. bois (comme combustible ou matériau).
2. (par extension) un arbre.
3. (par implication) un bâton, une perche, un arbre ou tout autre objet ou substance en bois.
On pourra noter, dans ce cas précis, que le mot xulon n’a pas le sens de « croix », mais le sens d’un bois vertical utilisé, dans le Nouveau Testament, comme synonyme du mot grec stauros (le mot stauros se trouve en Matthieu 27:32,40,42 ; Marc 15:21,30,32 ; Luc 23:26 ; Jean 19:19,25,31 (dans le contexte de la mort du Christ)). Bien entendu, le mot stauros que l’on trouve dans le texte grec des évangiles est traduit par « croix » dans la quasi-totalité des traductions bibliques.
Examinons d’autres textes du Nouveau Testament, qui font exactement allusion au moment de la mort sacrificielle de Jésus-Christ, alors que cette fois, c’est le synonyme de stauros qui apparaît, c’est-à-dire le mot grec « xulon ». Pour la circonstance, nous allons citer les textes où apparaît le mot xulon, dans d’autres traductions que celle de la Traduction du Monde Nouveau (les traductions seront alternativement catholiques et protestantes):
« Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous avez tué, en le pendant au bois » (Actes 5:30 – Version Louis Segond).
« Le Dieu de nos pères a ressuscité ce Jésus que vous, vous aviez fait mourir en le suspendant au gibet » (Actes 5:30 – Bible de Jérusalem). (Définition de gibet: potence en bois ou en pierre qui servait autrefois à exécuter les condamnés à mort par pendaison et à exposer leurs corps).
« Et nous, nous sommes témoins de toutes les choses qu’il a faites, au pays des Juifs et à Jérusalem ; lequel aussi ils ont fait mourir, le pendant au bois » (Actes 10:39 – Version Darby).
« Nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Ils l’ont tué, en le pendant au bois » (Actes 10:39 – Version Synodale).
« Et quand ils eurent accompli tout ce qui est écrit de lui, ils le descendirent du bois et le déposèrent dans un sépulcre » (Actes 13 :29 – Bible Augustin Crampon).
« Puis quand ils eurent accompli tout ce qui a été écrit de lui, on l’ôta du bois, et on le mit dans un sépulcre » (Actes 13 :29 – Bible d’Ostervald).
« Christ nous a libérés de la malédiction de la Loi en devenant malédiction à notre place, parce qu’il est écrit : Maudit est tout homme pendu au bois » (Galates 3:13 – Traduction Œcuménique de la Bible (TOB)).
« Quant à cette malédiction de la Loi, le Christ nous en a rachetés en devenant, pour nous, objet de malédiction, car il est écrit : Il est maudit, celui qui est pendu au bois du supplice » (Galates 3:13 – Traduction officielle liturgique de la Bible (éditée par l’AELF)).
« Lui qui a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois, afin que morts aux péchés nous vivions pour la justice ; lui par les meurtrissures duquel vous avez été guéris » (1 Pierre 2:24 – Bible Osty-Trinquet).
« Lui-même a porté nos péchés, dans son corps, sur le bois, afin que, morts à nos péchés, nous vivions pour la justice. Par ses blessures, nous sommes guéris » (1 Pierre 2:24 – La Bible Bayard).
Par conséquent, étant donné que le mot grec stauros est le synonyme de xulon, il n’y a aucune raison de le traduire comme étant une croix.
***
Certains utilisent l’argument historique que les Romains utilisaient systématiquement la croix comme instrument pour exécuter la peine de mort. Or, la statue du supplice de Marsyas (dont l’auteur est anonyme (au 1er siècle avant notre ère, à Pergame)), exposé au musée du Louvre en France, montre le corps d’un supplicié cloué sur un poteau. Ce qui démontre que le poteau de supplice était utilisé sous l’empire romain.
De plus, le récit des évangiles mentionne que Jésus-Christ a porté le stauros (le poteau) pendant un temps, et ensuite, c’est un certain Simon de Cyrène qui a été réquisitionné pour l’amener jusqu’au Golgotha (Matthieu 27:32 ; Marc 15:21 ; Luc 23:26). On ne connaît pas précisément la distance entre l’ancienne ville de Jérusalem et le Golgotha, à l’extérieur de la ville, cependant, si l’on s’en tient à la distance traditionnelle, elle représenterait entre 500 et 600 mètres. La question est la suivante, si un homme bien portant peut porter un poteau en bois, d’environ 2 mètres de longueur, que dire du poids supplémentaire si on ajoutait une transversale d’environ 1 mètre 50 au minimum (car l’envergure des bras écartés d’un homme peut facilement dépasser cette largeur) ; ce même poids étant transporté sur plus de 500 mètres (au minimum).
Tout tend à montrer que cette manœuvre serait très difficile, même pour un homme bien portant. Parler d’hommes bien portant condamnés à mort, sortis des prisons romaines, pour aller sur leur lieu d’exécution, est une condition largement idéalisée. Même Jésus-Christ qui avait la condition physique de celle d’un ancien charpentier, après une nuit sans sommeil, après avoir été lynché par les chefs religieux, et flagellé par les Romains, n’avait plus la condition physique de porter son stauros (poteau de supplice).
***
Par conséquent, le fait que la Traduction du Monde Nouveau traduise le mot grec stauros, comme étant un poteau de supplice semble tout à fait respecter l’étymologie d’origine de ce mot, tant dans le grec classique que le grec Koinè, à savoir le sens de poteau de supplice. Il n’y a aucune raison avérée pour qu’il soit traduit par le mot « croix », parce qu’il a pour synonyme l’autre mot grec, xulon, qui veut dire tout simplement poteau ou pieux.
Pour ceux qui laisseraient entendre que c’est la loi du nombre qui s’oriente vers la vérité. Ce n’est pas systématiquement le cas. Ce n’est pas parce que la quasi-totalité des traductions traduit le mot stauros par « croix », que cela s’avère exact. Il y a un texte dans la Bible qui montre que la loi de la foule n’est pas forcément bonne: « Tu ne dois pas suivre la foule dans une intention mauvaise ; et tu ne dois pas, à propos d’un différend, témoigner de manière à dévier avec la foule pour faire dévier le droit » (Exode 23:2). La vérité se base sur des faits, et non sur un vote démocratique ou populaire. La vérité ne suit pas la foule pour faire dévier le droit…
***
Convient-il de représenter le corps du Christ, crucifié
ou cloué à un poteau ?
« Ils attachent de nouveau le Fils de Dieu sur le poteau
et l’exposent au déshonneur public »
(Hébreux 6:6)
Il s’agit de comprendre que dans le contexte biblique et historique, la représentation d’un corps humain, crucifié ou cloué à un poteau de supplice était véritablement déshonorant pour le supplicié et sa famille. L’apôtre Paul emploie l’expression « déshonneur public » concernant la vision du corps du Christ cloué sur un poteau de supplice. Ainsi, la réponse à cette question (ci-dessus) ne doit pas avoir le prisme de ce qui peut être habituel de voir dans les églises et dans les cathédrales, à savoir de nombreuses représentations du corps du Christ crucifié. Il convient de non seulement de comprendre, mais aussi de conscientiser qu’une telle représentation n’est pas convenable du point de vue de Dieu, le Père Céleste du Christ, parce que cette image déshonore publiquement le Fils, en l’exposant au déshonneur public.
Lorsqu’il y a un accident de la route ou une catastrophe naturelle qui a causé la mort d’une ou plusieurs personnes, généralement, on couvre le corps des victimes d’un drap blanc pour qu’il ne soit pas exposé au regard public, par égard pour la mémoire des personnes décédées et pour leurs proches. Dans le cadre de reportages où il y aurait des victimes décédées, souvent les corps sont floutés. Parfois, lorsque des séquences peuvent être choquantes, il y a un avertissement où l’on demande aux personnes sensibles, mais aussi aux enfants de ne pas regarder les images. Tout cela pour expliquer que l’exposition publique du corps mort d’une personne ayant été exécutée, est un déshonneur public. Ainsi, il est important de comprendre que l’exposition du corps du Christ cloué sur une croix ou un poteau de supplice, est une manière de l’exposer graphiquement au déshonneur public (Hébreux 6:6). De plus, il convient de mentionner que le culte de la croix est bien antérieur au christianisme. Les origines du symbole de la croix:
Le symbole de la croix trouve ses racines dans une histoire universelle bien antérieure au christianisme, avant de devenir l’emblème central de cette religion à partir du IVe siècle. Initialement symbole cosmologique ou païen, puis instrument de supplice romain, la croix s’est transformée au fil des millénaires pour incarner aujourd’hui la foi, la protection et la vie éternelle.
L’évolution historique de ce symbole se décline en trois grandes étapes :
1. Les origines préchrétiennes et universelles
Bien avant l’ère chrétienne, la croix est un symbole universel partagé par de nombreuses civilisations de l’Antiquité et de la Préhistoire :
- Symbole cosmique : Elle représente l’orientation dans l’espace (les quatre points cardinaux) et l’union des contraires (la verticale reliant le ciel et la terre, l’horizontale liant le lever et le coucher du soleil).
- L’Égypte ancienne : La croix ansée, ou Ankh, est le symbole hiéroglyphique de la vie et de l’immortalité.
- La Mésopotamie et Rome : Des représentations en forme de croix ou de Tau (T) étaient utilisées en Chaldée pour le dieu Thammuz, tandis qu’à Rome, certaines divinités ou prêtresses (les Vestales) arboraient des sceptres ou des colliers en forme de croix.
- Le svastika : Cette croix à branches coudées se retrouve dès le Néolithique en Eurasie et reste un symbole sacré de chance et de spiritualité dans l’hindouisme, le jaïnisme et le bouddhisme.
Par conséquent, si un chrétien qui croyait bien faire, en priant Dieu par le moyen d’un crucifie, devrait cesser une telle pratique, mais plutôt adorer Dieu avec l’esprit et la vérité, comme l’a dit Jésus-Christ (Jean 4:23,24). De plus, il n’est pas nécessaire de faire le signe de croix pour prier Dieu parce qu’une telle pratique n’existe pas dans la Bible et dans le Nouveau Testament (Sola Scriptura). Enfin, si vous avez des croix, ou d’autres objets idolâtriques, vous devez vous en débarrasser comme l’ont fait les Béréens: « Beaucoup de ceux qui étaient devenus croyants venaient confesser et déclarer ouvertement leurs pratiques. Oui, bon nombre de ceux qui avaient pratiqué les arts magiques rassemblèrent leurs livres et les brûlèrent devant tout le monde. On en calcula la valeur et l’on trouva qu’il y en avait pour cinquante mille pièces d’argent » (Actes 19:18,19).
Jésus n’a plus l’apparence d’un nouveau-né dans une crèche, ni d’un homme moribond sur une croix ou un poteau de supplice. Actuellement, Jésus-Christ est Roi dans les Cieux avec magnificence, avec une apparence glorieuse, à la droite de son Père: » Non, ce n’est pas en suivant des fables habilement inventées que nous vous avons fait connaître la puissance et la présence de notre Seigneur Jésus Christ, mais c’est en étant devenus témoins oculaires de sa magnificence » (2 Pierre 1:16).
***
La commémoration de la mort de Jésus-Christ (Luc 22:19)
Continuez à faire ceci en souvenir de moi (Luc 22:19). Comment célébrer le mémorial de la mort de Jésus-Christ…
Combien de fois par an doit-on célébrer le repas du Seigneur, ou le Mémorial de la mort du Christ ?
Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous libérera (Jean 8:32). De quelle vérité s’agit-il et comment nous libère-t-elle ?
***
Table des matières du site yomelijah.fr
Tout en lisant la Bible chaque jour, cette table des matières contient des articles bibliques instructifs (Veuillez cliquer sur le lien ci-dessus afin de la consulter, s’il vous plait)…
Liste (en anglais) des plus de soixante-dix langues, avec six articles bibliques importants, écrits dans chacune de ces langues…
***